CHRONIQUE LHJMQ | Un pas par en avant, un par en arrière 

Par Mikaël Lalancette 12:00 PM - 27 novembre 2025 Chroniqueur
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Mikaël Lalancette signe une chronique à toutes les deux semaines sur la LHJMQ. Photo archives

Né à la fin du 19e siècle, le tango est une danse de bal qui impliquent deux partenaires. Ces derniers marchent ensemble vers une direction impromptue à chaque instant, une série de pas qui ne sont pas fixés à l’avance.

Ne vous en faites pas, cette chronique ne pas porter sur l’art vivant, je n’ai aucune espèce de talent en pareille matière!

C’est d’improvisation dont je veux vous parler, en tout cas, c’est l’image qui me revient à l’esprit quand je pense au dépôt du plan stratégique de Hockey Québec déposé plus tôt ce mois-ci. 

Le plan de réforme de la fédération du hockey dans la province a été dévoilé sans que plusieurs intervenants de la première ligne aient été mis au courant. Coulées à La Presse, les détails du plan de Hockey Québec ont suscité d’énormes inquiétudes dans plusieurs régions.

En particulier à l’extérieur du fameux corridor Gatineau-Lévis, en dehors duquel les deux nouvelles ligues élites de hockey mineur seront absentes.

Je vois avec un soupçon d’optimisme le coup de barre que tentent de donner les dirigeants de Hockey Québec. L’optimisation du développement du talent de nos athlètes était écrit en toutes lettres parmi les principales recommandations du rapport du comité québécois sur le développement du hockey en 2022.

Mais comme un natif d’une région du Québec, je vois ce repliement vers les grands centres comme un terrible recul pour la santé de notre sport national à l’extérieur des grandes villes, Québec, Montréal, Laval, Longueuil et quelques autres.

J’ose imaginer le sentiment d’impuissance et la frustration qui règnent dans les murs des trois équipes de hockey M18 AAA situées à l’extérieur de ce fameux corridor, les trois formations que vont peut-être couper les gouverneurs du circuit dans les prochains mois, sommés de ramener de 15 à 12 le nombre d’organisations du circuit M18 AAA.

Ce n’est pas une cachette pour personne, Jonquière, Rivière-du-Loup et Amos sont des marchés éloignés, que certains qualifient de régions-ressources. C’est ce terme qui a été utilisé dans les dernières années pour décrire la réalité de ces trois marchés dont la réalité géographique fait exploser les dépenses de transport et d’hébergement des clubs des grands centres.

Trente-cinq ans après la création de ces clubs, qui avaient pour objectif de garder les jeunes hockeyeurs dans leur région natale, on leur demandera à nouveau de déménager pour poursuivre leur développement.

On s’entend tous à dire que le calibre a été dilué au fur et à mesure des expansions. C’est encore une fois les régions qui vont payer le prix de la croissance démesurée.

Le plus désolant, c’est que ces régions ont fourni plus que leur part de joueurs pour les rangs professionnels au fil des ans.

Ce pas en avant, j’en ai bien peur, est en fait un pas en arrière. Un vrai tango!

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