Tadoussac et Sacré-Coeur : les motoneigistes forcés de circuler sur la 138

Par Renaud Cyr 11:55 AM - 9 décembre 2025
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Fraîchement débarqués au quai du traversier à Tadoussac, les motoneigistes n'ont d'autres choix que d'emprunter la route 138 pour rejoindre la TQ-3. Photo archives

Les motoneigistes qui entreront en Haute-Côte-Nord par le traversier cette année seront contraints d’utiliser la route 138 pour rejoindre le sentier TQ-3, un tronçon de moins de 500 mètres directement sur l’asphalte. Les élus de Sacré-Cœur et de Tadoussac veulent réunir tous les intervenants pour trouver une solution à ce problème.

C’est surtout que la situation actuelle se passe d’encensement au niveau de la conformité routière et légale.

« En ce moment, c’est toléré par la Sûreté du Québec (SQ), mais je me demande jusqu’à quand ce sera toléré », se questionne la maire de Sacré-Cœur, Lise Boulianne.

Le maire de Tadoussac, Claude Brassard, indique pour sa part que les motoneigistes qui sortent du traversier pour rejoindre l’accès au sentier le plus près font quand même preuve de prudence.

« C’est sûr que la situation n’est pas idéale pour personne, mais ils attendent quand même que les véhicules soient tous passés pour y aller », souligne-t-il.

Jamais à l’abri d’un accident

La situation dure depuis l’an dernier, où un porte-à-faux qui remplaçait la chaussée a cessé d’être opérationnel.

« Il y a toujours eu une problématique avec cet endroit-là, et il y avait quand même du danger avec ça. Il y avait aussi une difficulté avec l’entretien », commente Mme Boulianne.

La carte interactive de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) montre une fermeture temporaire du tronçon et n’affiche pas d’options de contournement ou d’alternatives.

Bien que la situation soit tolérée, Lise Boulianne met en garde la population. « S’il y a un accident, ça va être terminé. Personne ne va pouvoir passer par la route », estime l’élue.

Pas de solution miracle

Pour le moment, il n’y a pas de solution immédiate et miraculeuse pour les motoneigistes, selon l’élue de Sacré-Cœur.

« Ça prendrait une navette, mais personne n’a les moyens sur la Côte-Nord de défrayer ses coûts pendant tout l’hiver », remarque-t-elle.

Le maire de Tadoussac connaît bien la problématique qui date du temps où il œuvrait à la MRC de La Haute-Côte-Nord. Une grande rencontre serait nécessaire pour faire avancer le dossier, selon lui.

« L’objectif que j’avais, c’était de réunir les acteurs autour de la table. En ce moment, tout le monde se parle individuellement, mais personne ne se parle en groupe pour trouver une solution », fait-il savoir.

Claude Brassard veut réunir autour d’une grosse et même table le ministère des Transports et de la Mobilité durable qui s’occupe de la route 138, la Société des traversiers du Québec, le club de motoneige Les Rodeurs, Tourisme Côte-Nord, la MRC de La Haute-Côte-Nord et la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).

« Il faut trouver une façon de faire parce que la saison s’en vient et, à partir du mois de janvier, il va y avoir beaucoup de monde en motoneige », clame M. Brassard.

Le maire de Tadoussac, Claude Brassard. Photo courtoisie

Gros potentiel

Il est difficile de chiffrer l’impact du tourisme hivernal, plus spécifiquement celui de la motoneige.

Cependant, il est bien visible.

« Quand on passe au restaurant Le Coronet, il y a toujours une grande filée de motoneige. C’est toujours plein, et il y a tout le temps du monde », observe Lise Boulianne.

L’élu de Tadoussac estime que la pratique de la motoneige est « bien visible », et que les retombées qu’elle apporte sont importantes.

« L’or blanc, c’est nous qui l’avons », assure-t-il en référence à l’épaisseur du couvert de neige qui attire les motoneigistes de toute la province et même au-delà.

« Économiquement, c’est appelé à devenir important. Ça fait des années qu’on parle de développer la motoneige sur la Côte-Nord », poursuit celui qui a travaillé pour le développement économique de la région.

Le maire est d’ailleurs particulièrement enthousiaste à l’idée d’une boucle entre le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord, solidifiée par l’éventuel lien maritime entre Gros-Cacouna et Saint-Siméon.

« Si, en 2028, il va y avoir un traversier qui est à l’année, les touristes d’un peu partout vont pouvoir en profiter », estime-t-il.

Blocage

En attendant une rencontre avec les partenaires que Claude Brassard aimerait organiser « sous peu », la situation incertaine perdure à Tadoussac.

« Indirectement tout le monde est touché parce que c’est du tourisme hivernal qui va traverser la Côte-Nord, mais ça bloque à Tadoussac », mentionne Lise Boulianne.

Questionné à savoir quelle serait la meilleure solution pour remédier à ce problème, Claude Brassard témoigne qu’il est trop tôt pour se prononcer.

« On est en mode débroussaillage. Ce n’est pas un dossier facile, mais on tente de le résoudre. C’est sûr qu’il ne faut pas que ça bloque à Tadoussac », révèle le maire.

La maire de Sacré-Coeur, Lise Boulianne. Photo archives

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