Technologie minérale au Cégep de Sept-Îles: bienvenue à l’école des mines
Dans la mine souterraine hors-terre, les élèves plongent dans l'apprentissage! Photo Julien Picherit
Le Cégep de Sept-Îles veut fournir de la main-d’œuvre spécialisée à un secteur industriel qui en est de plus en plus friand.
Présente au Congrès Québec Mines+Énergie, fin novembre, Sophie Tremblay participait au panel « Bâtir ensemble la relève minière : repenser la formation, l’attraction et l’ancrage régional ».
Mme Tremblay est enseignante en Technologie minérale au Cégep de Sept-Îles, depuis 2017.

« Je crois que c’est la première année qu’on présente quelque chose officiellement. On a souvent des professeurs qui participent, mais l’Institut National des Mines a souhaité cette année faire une plénière, en rassemblant les trois niveaux d’enseignement : collégial, universitaire et professionnel », résume Sophie Tremblay.
Les régions de l’Abitibi, de la Côte-Nord et de la Capitale-Nationale étaient représentées sur le panel.
Pour le Cégep de Sept-Îles, il s’agissait d’une occasion de faire connaître son programme de Techniques minérales, mais également de discuter des enjeux de recrutement et de faire du réseautage dans une industrie qui a le vent en poupe.
Le recrutement pour un centre de formation en région éloignée est toujours un défi, rappelle l’enseignante. Une quarantaine d’étudiants sont présentement inscrits dans l’une ou l’autre des trois années de la formation. Certains choisissent de compléter leur formation en 4 ans.
« On a de la place pour accueillir beaucoup plus d’élèves ! En première année, ils sont sept, c’est peu ! Et sur les sept, il y a quatre étudiants français. Le groupe de finissants, ils sont 12. »
La capacité d’accueil est beaucoup plus élevée, réitère l’enseignante. « On pourrait dédoubler les groupes, il n’y a pas vraiment de limite, mais il y a aussi un avantage à nos petites cohortes. Elles attirent les gens qui ont un peu plus de difficulté scolaire, par exemple, parce que l’enseignement est presque personnalisé. »
Sans surprise, le recrutement à l’international permet de maintenir le programme à flot.
Formation concrète
La formation technique a tous les atouts pour éveiller les passions, estime la professeur, dont deux stages, en cours de parcours.
« Le cégep est à la fois proche et loin des sites miniers. On est proche des sites de transbordement, mais les mines sont plus au nord. Nous, on forme des techniciens, alors on essaie de les mettre dans des situations de travail les plus réalistes possibles. »

Pour ce faire, le cégep amène « la mine à l’école », indique-t-elle.
« Il n’y a pas de mine avec des galeries souterraines dans notre coin, mais les techniciens doivent apprendre quelles seront les fonctions d’un technicien dans un tel site alors on en a fabriqué un », relate Mme Tremblay, à titre d’exemple.
La fausse galerie a été construite dans deux conteneurs maritimes, reliés l’un à l’autre, dont l’intérieur a été transformé à l’aide d’uréthane peint en trompe-l’œil, notamment, pour ressembler le plus possible à une vraie galerie.
« On a ajouté de la ventilation minière, parce qu’on a un cours dans cette matière. On voit les notions de santé et sécurité, de forage souterrain, on leur fait faire le test du noir total, ça fonctionne bien et les étudiants aiment ça, parce que c’est concret. Les étudiants aiment ça, ça les accroche. C’est le genre de chose qui allume une petite lumière en eux. »
En cours de formation, ils visiteront également la mine souterraine la plus proche, Niobec, au Saguenay, et d’autres mines de la Côte-Nord.

« On reste en contact pendant la formation avec les industries minières. Le lien entre les entreprises et les organismes de formation est vraiment apprécié. On forme leurs équipes de demain, alors on veut répondre à leurs besoins », résume Sophie Tremblay.
Le cégep a également fait l’acquisition de claims miniers à proximité. « Nos étudiants ont un beau grand terrain de jeux ! »
Sophie Tremblay se réjouit de voir plusieurs élèves choisir de rester sur la Côte-Nord, après l’obtention de leur diplôme. C’est un de nos objectifs, attirer les gens en région et les garder », conclut-elle.