Paramédics : une grève déclenchée la veille de Noël sur la Côte-Nord

Par Johannie Gaudreault 8:45 AM - 23 décembre 2025
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Les paramédics de la Haute-Côte-Nord et de la Manicouagan font partie de l’avis de grève déposé au Tribunal administratif du travail pour le 24 décembre. Photo iStock

Le Tribunal administratif du travail (TAT) a confirmé avoir reçu des avis de grève provenant de 39 syndicats représentant des ambulanciers œuvrant dans plusieurs régions du Québec, dont sur la Côte-Nord. Ces travailleurs ont annoncé leur intention de déclencher une grève générale et illimitée à partir du 24 décembre.

Dans ce contexte, le Tribunal a statué sur les services essentiels devant être maintenus pendant le conflit de travail. Il conclut que ceux-ci sont suffisants pour que la santé ou la sécurité publique ne soit pas mise en danger durant toute la période de grève.

Sur la Côte-Nord, l’avis de grève concerne les paramédics de Paraxion, actifs sur la Haute-Côte-Nord et dans la Manicouagan, ainsi que ceux d’Ambulance Sacré-Cœur, à Sacré-Cœur. Comme dans le reste du Québec, la majorité des tâches effectuées par les paramédics dans ces secteurs sont considérées comme essentielles.

Ainsi, plutôt que de dresser une liste des services maintenus, les ententes conclues précisent surtout les tâches qui ne seront pas réalisées ou qui le seront différemment pendant la grève. Certaines de ces mesures entreront en vigueur dès le 24 décembre 2025 à 0 h 1, tandis que d’autres s’ajouteront à compter du 15 mai 2026.

Couverture complète des urgences

Selon la décision du Tribunal, les horaires de jour, de soir, de nuit et de faction seront couverts à 100 %, incluant les ajouts demandés par l’employeur dans des circonstances particulières. Les absences seront également comblées jusqu’à concurrence de 100 % des effectifs prévus.

Tous les appels d’urgence, des priorités 0 à 7, continueront d’être traités de la façon habituelle, tout comme les interventions imprévues.

Le Tribunal précise également que, si une situation exceptionnelle non prévue à l’entente devait survenir, l’employeur pourra faire appel aux paramédics nécessaires pour y faire face.

Certains services modifiés

Malgré le maintien des services jugés essentiels, certaines pratiques seront suspendues ou modifiées. Par exemple, les équipes affectées aux transports interhospitaliers ne feront plus de retour d’escortes médicales, sauf lorsqu’un patient se trouve à bord du véhicule.

Les paramédics n’aviseront plus systématiquement l’établissement receveur de leur arrivée, sauf en cas de transport urgent ou lorsque l’état du patient l’exige.

De plus, les transports de priorité 8, soit les déplacements de patients stables et non urgents, seront effectués uniquement entre 12 h et 17 h, à l’exception des usagers en soins palliatifs et du service aéromédical, qui seront maintenus en tout temps.

L’inscription administrative des patients dans les centres hospitaliers ne sera également plus effectuée par les paramédics, cette responsabilité étant transférée au personnel infirmier au triage.

Aucune menace pour la sécurité publique

Le Tribunal rappelle avoir déjà jugé à plusieurs reprises que ce type de mesures ne mettait pas en danger la santé ou la sécurité publique. Il en va de même pour la suspension des affectations de paramédecine communautaire, pour lesquelles Santé Québec prévoit des solutions de rechange pendant la grève.

Des personnes-ressources ont été désignées par les parties afin de faciliter les communications si des difficultés d’application des services essentiels surviennent. En cas de litige, les parties devront d’abord tenter de trouver une solution ensemble avant de s’adresser au Tribunal.

Rappelons que le litige entre le gouvernement et les employés du milieu préhospitalier dure depuis que leurs conventions collectives sont échues, soit depuis avril 2023.

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