Les Premières Nations dans la mire des minières

Par Emelie Bernier 7:00 AM - 27 décembre 2025 Initiative de journalisme local
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Participantes et formateurs du programme L'Essentiel des mines. Courtoisie

En 2023, l’industrie minière canadienne se classait parmi les plus grands employeurs privés de membres des Premières Nations, ceux-ci représentant alors 12 % de l’ensemble de la main-d’œuvre du secteur. En plein essor, le milieu devra pourvoir, d’ici 2033, près de 25 000 emplois. Et il a les communautés dans sa mire.

Au Québec, les initiatives se multiplient pour attirer, former et recruter les Autochtones dans le secteur minier. Parmi celles-ci, L’Essentiel des mines, mis en place il y a 14 ans.

Ce programme de 12 semaines conçu pour les Autochtones intéressés par une carrière dans le secteur minier a pour but « d’aider les entreprises et les communautés à atteindre leurs objectifs communs en matière d’embauche et d’emploi ». 

« L’objectif, c’est essentiellement de pouvoir offrir un programme de préemployabilité qui puisse aller chercher les communautés autochtones, pour les préparer à une carrière dans l’industrie minière », indique Isabelle Albran, responsable des communications et chargée de projets au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines (CSMO Mines).

L’Essentiel des mines se décline en plusieurs semaines de formation, flexible et adaptable, selon les besoins des employeurs potentiels. Apprentissages de compétences techniques, stages pratiques, formation sur simulateur et visites sur des sites miniers de la Côte-Nord sont notamment au programme.

Une cohorte féminine

En 2024, sept femmes de la communauté Innu Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam ont participé à la première cohorte entièrement féminine du programme.

« Un des buts de cette cohorte est de défaire le cliché que les emplois dans les mines sont réservés aux hommes. Avec l’automatisation, il y a beaucoup moins de restrictions par rapport à la force physique, par exemple. Cette formation a pour but de permettre de voir que ça a changé et que les femmes sont tout à fait capables de faire des métiers dans le secteur », ajoute Mme Albran. 

Certaines participantes de la cohorte féminine de L’Essentiel des mines ont eu la piqûre pour la conduite de machinerie lourde et poursuivent leur formation via un DEP au Centre de formation professionnelle de l’Estuaire. Courtoisie

Du nombre, quelques-unes ont eu la piqûre pour la conduite de machinerie lourde et complètent présentement un DEP dans le domaine au Centre de formation professionnelle de l’Estuaire, où des membres masculins de la communauté les ont rejointes. L’alternance travail-études et la rémunération sont des sources de motivation, bien que L’Essentiel des mines ne soit pas rémunéré.

« C’est un argument supplémentaire pour leur permettre de continuer les études en continuant de pourvoir à leur famille », avance Mme Albran, citant en exemple le cas de Mélanie Grégoire-Morin, mère de sept enfants.

« Son parcours incarne à la fois la détermination individuelle et la force du soutien familial », peut-on lire dans un portrait de l’apprenante.

Un milieu investi

De nombreux partenaires industriels contribuent au succès de la formation, en offrant des stages ou des visites techniques durant le parcours. 

Selon Mme Albran, les avantages de recruter parmi les membres des Premières Nations sont indéniables. 

« Ce sont des gens qui sont sur place, qui ont une connaissance de l’environnement, de l’endroit où est implanté la mine et, en effet, c’est le meilleur moyen d’avoir de bonnes relations avec la communauté que d’offrir à ses membres une opportunité d’aller travailler pour le secteur. »

Lorsque les apprenants et apprenantes complètent leur formation L’Essentiel des mines, le milieu les connaît et est prêt à les accueillir dans ses rangs.

« S’ils réussissent et qu’ils remplissent toutes les conditions, ils peuvent avoir un emploi à la fin de la formation », conclut Mme Albran. 

L’Essentiel des mines est le résultat d’une collaboration entre le CSMO Mines, le Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM), l’Assemblée des Premières Nations et Services aux Autochtones Canada.

Le secteur minier du Québec : des besoins croissants

D’ici 5 ans (2023-2028) : 14 358 emplois à pourvoir

D’ici 10 ans (2023-2033) : 24 879 emplois à pourvoir

De ce nombre :

56 % vont demander une formation professionnelle

19 % vont demander une formation collégiale

14 % vont demander une formation universitaire 

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