Aux prises dans un contexte plus difficile que jamais, l’entreprise Domtar se voit obligée de fermer temporairement la scierie des Outardes. Le directeur des affaires publiques de Domtar, Guillaume Julien, confie ne pas prendre cette décision de gaieté de coeur, mais bien par obligation en raison d’un « creux historique ».
Domtar annonce une réduction temporaire de la production de bois d’oeuvre de 150 millions de pieds-planche pour le premier trimestre 2026. Cela équivaut à 20 % de la production.
Une décision basée sur un contexte économique incertain.
« Il y a un ralentissement économique qui a un impact sur le développement immobilier. La construction de nouvelles maisons et la rénovation sont les moteurs principaux de la consommation de bois d’oeuvre », explique Guillaume Julien.
Il y a une faible demande pour le bois d’oeuvre, dit-il, ce qui a un impact sur le prix et sur la capacité de l’entreprise à produire tout en étant rentable.
Domtar doit donc ajuster la production en fonction de la demande
« Le secteur du bois d’oeuvre est un secteur cyclique. Il y a de très bonnes années, des moins bonnes. […] Depuis trois ans, on fait face à un contexte plus difficile. On est dans un creux historique depuis 40 ans, en termes de prix et de consommation », dévoile M. Julien.
Pour Domtar, il est difficile d’opérer de façon rentable. « On n’est pas capable d’avoir un prix suffisant pour nos produits pour être capable de les vendre de façon pérenne. »
Hausse des tarifs
Les tarifs sur le bois d’oeuvre entrent aussi en jeu. « On a actuellement un tarif de 45%. N’importe quel commerce qui serait privé de 45% de ses revenus aurait de la difficulté », précise Guillaume Julien.
« Ce n’est pas juste Domtar qui se retrouve dans cette situation. Plusieurs entreprises le vivent au Québec, en Ontario, au Canada et même aux États-Unis. »
L’entreprise se voit aussi dans l’obligation de fermer, de façon temporaire, la Scierie Ignace en Ontario.
« Il y a des usines déjà fermées pour lesquelles on prolonge la fermeture. Dans d’autres usines, on va diminuer des quarts de travail et dans le cas de Baie-Comeau, c’est malheureusement une fermeture temporaire », indique M. Julien.
Ce dernier mentionne que ne pas laisser les employés sans solution. Le but est de « minimiser l’impact pour les employés ».
À quand une reprise ?
Domtar veut se tenir prête lorsqu’il y aura une reprise du marché. Toutefois, c’est impossible de savoir quand cela se produira.
« Les fondamentaux de l’industrie sont là. Le parc immobilier en Amérique du Nord est vieillissant, il doit être rénové. Il manque de maisons », dit Guillaume Julien.
« C’est difficile de se projeter dans le futur. Il y a énormément de volatilité dans le système et dans l’économie. Nous, on continuera à prendre nos décisions selon les conditions qui sont devant nous : la quantité de bois demandée par les clients et le prix auquel on est vendu », conclut-il.