La Côte-Nord, une des seules régions où la population diminue

Par Johannie Gaudreault 1:50 PM - 15 janvier 2026
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Depuis 5 ans, sur la Côte-Nord, les décès sont plus nombreux que les naissances. Photo Pixabay

Bonne nouvelle pour le Québec : la population continue d’augmenter dans la majorité des régions. Mauvaise nouvelle pour la Côte-Nord : la région fait partie des rares exceptions. 

Entre le 1er juillet 2024 et le 1er juillet 2025, la population nord-côtière n’a pas augmenté, selon le plus récent bilan démographique de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), publié le 14 janvier.

La Côte-Nord se retrouve ainsi la seule région administrative où la croissance démographique ralentit réellement, alors que 15 des 17 régions du Québec affichent toujours une hausse, même modeste, de leur population.

La population de la Côte-Nord est estimée à 89 600 personnes au 1er juillet 2025. Les pertes y sont toutefois très faibles, le taux d’accroissement équivaut à une diminution de seulement 60 personnes. « Des pertes beaucoup plus importantes ont souvent été enregistrées dans le passé », indique l’ISQ.

Bien que la région demeure déficitaire, elle est la seule où le bilan démographique s’est amélioré en 2024-2025 par rapport à 2023-2024. « Les pertes y ont diminué, alors qu’ailleurs, la croissance a ralenti, et ce, de façon souvent marquée », précise-t-on dans le bilan.

Partout au Québec, la croissance démographique a perdu de la vitesse comparativement à l’année précédente, qui avait été exceptionnelle. La principale raison : le recul de l’immigration temporaire, notamment les travailleurs étrangers, les étudiants internationaux et les demandeurs d’asile.

Dans plusieurs régions, cette baisse a été compensée par une hausse de l’immigration permanente. Ce n’est toutefois pas suffisant pour la Côte-Nord, où les gains demeurent limités.

Une population qui vieillit

Le défi est aussi démographique. Pour la 5année consécutive, sur la Côte-Nord, les décès sont maintenant plus nombreux que les naissances, une réalité partagée par la majorité des régions du Québec. Toutefois, le phénomène est plus marqué dans les régions éloignées.

« En 2024-2025, il en résulte un solde naturel de – 288 personnes. Soulignons toutefois que la région est l’une des rares où les naissances n’ont pas diminué en 2024-2025 par rapport à 2023-2024 », ajoute l’ISQ.

Près de 23 % de la population nord-côtière est âgée de 65 ans et plus, une proportion supérieure à la moyenne québécoise. En parallèle, la population en âge de travailler est légèrement moins présente, ce qui accentue la pression sur les services et le marché du travail.

Quant à la fécondité nord-côtière, elle est plus élevée que celle de la majorité des autres régions, avec un indice synthétique de fécondité de 1,49 enfant par femme en 2024.

Des départs vers d’autres régions

Autre facteur important : les migrations interrégionales. La Côte-Nord continue de perdre des résidents au profit d’autres régions du Québec. Ce solde migratoire négatif contribue directement à la stagnation de la population, malgré les efforts d’attraction et de rétention.

En 2024-2025, les pertes migratoires interrégionales y sont de – 271 personnes. Son déficit s’est toutefois résorbé comparativement aux trois années précédentes et figure parmi les plus faibles enregistrés par la région depuis que les données sont disponibles, soit depuis 2001-2002.

« Le contraste avec les pertes annuelles de plus de – 1 000 personnes du milieu de la décennie 2000 est majeur », constate l’Institut.

Si les pertes démographiques demeurent faibles en chiffres absolus, elles sont néanmoins significatives pour une région peu peuplée et très vaste comme la Côte-Nord. Avec moins de 90 000 habitants répartis sur un immense territoire, chaque départ compte.

Le bilan de l’ISQ dresse ainsi un portrait clair : la Côte-Nord fait face à des défis démographiques structurels, dans un contexte où la croissance de la population demeure la norme ailleurs au Québec.

Entre 2024 et 2025, la Côte-Nord est la seule région où la population ne progresse pas, alors que la moyenne québécoise demeure en croissance. Source : Institut de la statistique du Québec

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Georges Avoine
Invité
Georges Avoine
29 jours il y a

Il faudrait arrêter les in & out de la région et ça serait différent.