La formation rémunérée gagne du terrain sur la Côte-Nord

Par Johannie Gaudreault 3:00 PM - 15 janvier 2026
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Les formations rémunérées sont de plus en plus prisées sur la Côte-Nord. Photo Geneviève Rioux Savard - CFP de l'Estuaire

Les programmes de formation rémunérée de courte durée connaissent un engouement marqué sur la Côte-Nord, particulièrement dans le secteur minier. 

Déployé dans la région après avoir fait ses preuves en Abitibi-Témiscamingue, le programme de forage au diamant offert par le Centre de formation professionnelle (CFP) de l’Estuaire, en collaboration avec le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines (CSMO Mines), s’impose comme un modèle de réussite.

La première cohorte nord-côtière, amorcée le 25 août 2025, s’est conclue récemment. Les sept participants obtiendront prochainement leur diplôme, dont un issu des communautés autochtones. Quatre d’entre eux occupaient déjà un emploi à la fin de leur formation.

L’intérêt ne se dément pas. Le 12 janvier 2026, le CFP de l’Estuaire a lancé une deuxième cohorte du programme de forage au diamant, cette fois avec 10 étudiants, soit le maximum pouvant être accueilli localement. Le cours est dispensé à Forestville et la sélection a été compétitive : 20 candidatures ont été analysées pour les 10 places disponibles.

La formation, d’une durée totale de 17 semaines, est offerte en alternance travail-études. Les candidats sont rémunérés directement par les entreprises partenaires, grâce au financement fourni par le CSMO Mines.

« La façon dont ça fonctionne, c’est que le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines fournit le financement aux entreprises partenaires et ce sont les entreprises qui rémunèrent les candidats », précise Patricia Lavoie, régisseuse aux communications au Centre de services scolaire de l’Estuaire.

Pour démarrer une cohorte, un minimum de trois entreprises partenaires est requis. Les participants reçoivent une rémunération de 25 $ de l’heure, à raison de 40 heures par semaine.

Le parcours inclut trois semaines de formations complémentaires obligatoires, menant à l’obtention de cartes de compétences exigées par les employeurs, notamment en forage sous terre, travail en hauteur, travail à chaud, pont roulant, élingage, SIMDUT, secourisme, cadenassage et utilisation d’extincteurs.

« Le CFP de l’Estuaire inclut également des compétences numériques en recherche d’emploi afin d’outiller les diplômés et favoriser leurs démarches d’intégration ou de réintégration du marché du travail. Chez nous, ce volet est dispensé en collaboration avec le Carrefour jeunesse-emploi », ajoute Mme Lavoie.

Le forage au diamant n’est qu’un exemple parmi plusieurs formations rémunérées de courte durée offertes dans le secteur minier.

Ces programmes permettent d’obtenir un diplôme d’études professionnelles (DEP) ou une attestation d’études professionnelles (AEP) dans des métiers très recherchés, tels que le forage-dynamitage, le traitement du minerai, la mécanique mobile minière, la mécanique d’engins de chantier ainsi que l’opération de machineries lourdes.

D’autres projets sont en cours ou en préparation. Une cohorte en conduite de machinerie lourde en voirie forestière est présentement offerte à Sept-Îles et regroupe 12 candidats autochtones. Une partie de la formation théorique y a même été donnée en langue innue.

« Nous démarrerons bientôt également une cohorte en opération d’équipement de production chez Alcoa en collaboration avec le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie de la métallurgie avec 15 candidats et nous travaillons sur d’autres projets, notamment une formation en usinage », divulgue la porte-parole.

Devant la popularité du forage au diamant, le CFP de l’Estuaire envisage d’annualiser cette formation et d’offrir jusqu’à trois cohortes par année dans cette formule rémunérée.

« Bien que la rémunération y soit différente, les formations de courte durée en santé assorties de bourses, offertes par le CISSS, constituent un autre exemple de programmes qui suscitent un fort intérêt dans la région », souligne Patricia Lavoie.

Ces initiatives sont rendues possibles grâce au soutien financier du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale et reposent sur une concertation étroite entre les établissements de formation et les acteurs de l’industrie minière, afin de répondre aux défis d’attraction et de développement de la main-d’œuvre sur la Côte-Nord.

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