La faune nord-côtière dans la lentille de Jocelyn Praud

Par Johannie Gaudreault 3:00 PM - 18 janvier 2026
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La chouette lapone est la vedette de cette « photo de rêve ». Photo Jocelyn Praud

Lagopèdes en plein village, chouettes rares, renard familier, baleines géantes et nuits sous les aurores boréales : le photographe animalier Jocelyn Praud, des Bergeronnes, dresse le bilan d’une année 2025 marquée par des rencontres exceptionnelles avec la faune et les paysages de la Côte-Nord.

Dans un bilan personnel accompagné de ses meilleures images, l’artiste des Bergeronnes revient sur une année qu’il qualifie d’intense, tant sur le plan de la création que des rencontres avec la nature.

« 2025 a été une année particulièrement active pour moi. Je réalise seulement maintenant, à l’heure des bilans, tout ce qui s’est passé durant l’année et je n’en reviens pas », écrit-il sur son blogue. Depuis deux ans, le photographe a choisi de provoquer lui-même les occasions plutôt que de les attendre, une décision qui a façonné sa pratique et ses projets récents.

Des visiteurs nordiques inattendus

L’hiver 2025 a notamment été marqué par une présence exceptionnelle de lagopèdes des saules dans la région. Habituellement cantonnés beaucoup plus au nord, ces oiseaux ont été observés à plusieurs endroits sur la Côte-Nord, jusqu’au cœur même du village de Bergeronnes. 

« C’est fou de penser qu’un an auparavant, je prévoyais une grande aventure vers les routes du nord avec comme objectif principal de découvrir et de photographier ces oiseaux sublimes, et que seulement quelques mois après, ils étaient là, chez moi », souligne Jocelyn Praud, qui a consacré de nombreuses heures à les observer malgré leur grande méfiance et le froid intense.

Une lagopède des saules capturée dans la lentille du photographe. Photo Jocelyn Praud

L’hiver a aussi permis une rencontre prolongée avec une chouette lapone, observée d’abord au repos puis en chasse, dans une scène qui a mené à ce que le photographe décrit comme « une photo de rêve », immortalisant l’oiseau devant la lune au crépuscule.

Renard, oiseaux et scènes rares

Parmi les rencontres marquantes de l’année figure également un renard roux 

par des résidents du village, observé à répétition tout au long de l’année, notamment lors de la période où il chassait activement pour nourrir ses petits.

Ce renard roux est surnommé Pantoufle. Photo Jocelyn Praud

Le photographe évoque aussi la délicate observation d’un roitelet à couronne rubis sous une pluie soutenue au printemps, une scène exigeante sur le plan photographique. L’une des images issues de cette séquence a d’ailleurs remporté un prix au concours Québec Couleurs Nature du magazine Nature Sauvage.

Ce cliché d’un roitelet à couronne rubis sous une pluie soutenue au printemps lui a valu un prix. Photo Jocelyn Praud

Certaines observations se sont révélées tout à fait inhabituelles, comme celle de salamandres maculées se déplaçant sur la neige de nuit, un phénomène lié à leur migration printanière vers les sites de reproduction. « J’ai vraiment été fasciné par cette scène hors du commun », raconte-t-il.

Une salamandre maculée. Photo Jocelyn Praud

Mammifères marins et grands espaces

La saison estivale a, sans surprise, été dominée par les mammifères marins du Saint-Laurent. Si les phoques communs occupent une place particulière dans son travail, ce sont les baleines qui ont offert certains des moments les plus marquants de l’année.

Un phoque qui prend du bon temps. Photo Jocelyn Praud

Jocelyn Praud note une saison plus discrète pour les baleines à bosse, mais exceptionnelle pour les baleines bleues, observées en plus grand nombre et dans des comportements rarement visibles, notamment lors de plongées montrant la queue.

Une baleine à bosse. Photo Jocelyn Praud

Aurores, chouettes et phénomènes lumineux

L’année s’est aussi distinguée par de nombreuses nuits passées sous les aurores boréales, un phénomène pour lequel le photographe a développé une véritable passion au fil des dernières années.

La fin de 2025 a été ponctuée par l’observation, en l’espace de deux jours, de deux espèces de chouettes différentes près de son domicile, puis par l’apparition de piliers de lumière, un phénomène optique rare causé par la réflexion de la lumière dans les cristaux de glace en suspension dans l’air.

Les aurores boréales sont devenues une passion pour le photographe. Photo Jocelyn Praud

Des projets structurants pour l’avenir

Au-delà des images, 2025 a été une année charnière sur le plan professionnel. Jocelyn Praud a notamment ouvert une boutique souvenir et galerie d’art à Bergeronnes, inauguré l’exposition extérieure permanente ESTUAIRE aux Escoumins, et poursuivi le développement de ses ateliers photo en mer.

« Mon plus gros projet cette année a été sans contredit la construction et l’ouverture, un peu précipitée à mi-saison, de ma boutique souvenir et galerie d’art à Bergeronnes », divulgue-t-il.

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