Saint-Georges tient à sa patinoire

Par Charlotte Paquet 11:45 AM - 20 janvier 2026
Temps de lecture :

L'abri pour les patineurs pourrait être chauffé d'ici quelques années. Un projet en ce sens est dans les cartons, selon Stéphane Santerre. Photo Charlotte Paquet

Les citoyens du quartier Saint-Georges tiennent à leur patinoire. Ils l’ont démontré lors d’un récent appel à l’aide pour sa survie, lancé sur les réseaux sociaux par le conseiller municipal Marc Rainville.  

Dans son message du 11 janvier, l’élu a clairement indiqué que sans relève bénévole, la patinoire vivrait son dernier hiver. « Ce serait malheureux de perdre ce plaisir pour les jeunes et moins jeunes », a-t-il écrit.

Cette intervention fait suite à la décision de Stéphane Santerre, bénévole depuis 15 ans, de quitter ses fonctions de gestionnaire de la patinoire après la présente saison, tout en demeurant actif au déneigement et à l’entretien.

« Il faut quelqu’un qui gère la paperasse, la subvention de la Ville, la gestion des horaires (des bénévoles) », illustre M. Santerre. Il effectue cette tâche en solo depuis quelques années en l’absence d’autres administrateurs. 

Il manque aussi de bénévoles au déneigement et à l’entretien, tâches effectuées en équipe de deux ou trois. Ils sont actuellement 9, mais il en faudrait 15 dans un monde idéal. La pénurie oblige certains à assurer le service trois ou quatre semaines dans l’hiver, ce qui ne devrait pas être le cas.

« Actuellement, pour la semaine de la relâche, j’ai personne », déplore celui qui pourrait devoir assumer le service pour cette période achalandée.

Des mains levées

Un appel aux bénévoles lancé par M. Santerre au cours de l’automne n’a pas eu de succès, contrairement à celui du conseiller du quartier. Quelques personnes ont levé la main pour donner un coup de main, voulant éviter la fermeture de la patinoire. « J’ai eu beaucoup de commentaires que ça ne devrait pas fermer, comment on peut s’impliquer », poursuit le bénévole.

Stéphane Santerre doit d’ailleurs rencontrer incessamment une personne intéressée par le volet gestion. D’autres semblent prêtes à manier le souffleur et les pelles, en plus de voir à l’arrosage une fois par semaine. Ça augure bien.

La patinoire du quartier Saint-Georges est très fréquentée, même lors des journées de froid mordant, selon Marc Rainville. « On dit que ça sort pas les jeunes, mais à -25, t’as 7-8 jeunes tout le temps. T’as des parents qui viennent aussi. C’est utilisé, je n’en reviens pas. »

Bénévole depuis 15 ans, Stéphane Santerre (à droite) veut de la relève pour la gestion de la patinoire Saint-Georges. Il est accompagné du conseiller municipal, Marc Rainville. Photo Charlotte Paquet

Engagement de longue date

Être engagé bénévolement pendant 15 ans dans l’opération d’une patinoire, c’est remarquable. « C’est la passion et voir les jeunes s’amuser sur la patinoire ici, c’est là notre paie », fait remarquer Stéphane Santerre. 

Il précise d’ailleurs ne pas être le seul à être impliqué depuis aussi longtemps puisque son collègue, Martin Poitras, compte le même nombre d’années d’engagement. D’autres bénévoles sont actifs depuis cinq, six ou même sept ans.

La Ville de Baie-Comeau alloue une allocation annuelle d’un peu plus de 2 000 $ à chaque patinoire de quartier pour payer les dépenses liées à l’entretien, notamment l’essence et les assurances.

Comme les derniers hivers ont été peu rigoureux, des économies ont été réalisées dans le budget, permettant l’acquisition d’un nouveau souffleur pour l’hiver 2025-2026 au coût de 6 000 $. Un montant de 2 000 $ provenant du budget discrétionnaire du conseiller du quartier a été accordé au projet.

Un nouveau souffleur vient d’être acquis au coût de 6 000 $, permettant de faciliter les opérations de déneigement. Photo Charlotte Paquet

Une maman prête à mettre la main à la pâte

Monise Lévesque s’est sentie interpellée par l’appel au bénévolat lancé pour la patinoire Saint-Georges, et d’autant plus en ces années marquées par de nombreux enfants rivés à leur écran.

Maman d’un garçon qui fréquente assidûment le site, elle fait partie des quelques personnes qui ont manifesté leur intérêt à contribuer bénévolement au maintien des activités. Interpellée par Le Manic, Mme Lévesque a insisté sur l’importance d’une patinoire de quartier pour faire sortir les jeunes dehors. “ Maintenant, il faut se battre, négocier et s’impliquer pour que les jeunes et moins jeunes fassent autre chose que des écrans. Mais quand je vois mon fils de 11 ans arriver de l’école, attraper une collation, mettre ses pantalons de nylon et me crier “maman, je vais à la patinoire, je reviens pour 17 h”, je me dis que les années 90 ne sont pas si loin finalement ”, a-t-elle témoigné par courriel.

Selon Monise Lévesque, une patinoire n’est pas uniquement des bandes et une glace, mais aussi un milieu permettant à des gens d’être actifs et d’apprendre à régler des différends, comme dans le cas d’un but à accepter ou refuser au hockey. Il y a aussi les tous souvenirs de moments heureux passés sur la patinoire. La citoyenne a en tête un épisode tout récent. “ Cette année, après le souper du 24 décembre, mon conjoint et mon fils sont allés faire des lancers sur la patinoire à 22 h le soir, pendant que ma fille et moi glissions dans la glissade du parc tout près ”, a-t-elle raconté en parlant d’un moment magique.

Tout en insistant sur l’importance cruciale du travail bénévole pour l’entretien des patinoires de quartier, la maman a elle-même lancé une invitation à l’implication. “ Offrir une soirée pour aller pelleter la patinoire au lien de se taper deux épisodes Netflix, ce ne peut être que bénéfique ”, conclut-elle.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires