Première réunion du groupe de travail fédéral sur l’industrie forestière
Un travailleur au volant d'un véhicule qui transporte du bois dans une scierie, à East Hereford, au Québec. Photo AP /Robert F. Bukaty
Le groupe de travail fédéral mis sur pied pour se pencher sur la transformation de l’industrie forestière s’est réuni pour la première fois, cette semaine à Vancouver, suscitant un peu d’espoir dans cette industrie qui traverse une crise.
Le groupe de travail, dont la création avait été annoncée le 26 novembre, doit définir les voies à suivre pour restructurer l’industrie, la rééquiper et transformer le secteur.
Ses travaux doivent permettre d’encourager les nouveaux produits à base de bois, d’améliorer la productivité grâce aux technologies de pointe, de consolider l’accès aux marchés extérieurs et intérieurs, de même que de développer des systèmes modulaires et des constructions préfabriquées, particulièrement dans le secteur résidentiel.
Au cours des trois prochains mois, il doit discuter avec les provinces, l’industrie, les communautés autochtones et les syndicats.
Le groupe est coprésidé par Frédédic Verreault, de Chantiers Chibougamau, et Ken Kalesnikoff, de Kalesnikoff Mass Timber. La présidente nationale du syndicat pancanadien Unifor, Lana Payne, y siège également, de même que Luc Thériault, président des Produits du bois chez Domtar Canada et coprésident de l’Alliance canadienne pour le commerce du bois d’oeuvre.
Le public sera éventuellement appelé à y contribuer via un portail web.
En entrevue récemment, le directeur québécois d’Unifor, Daniel Cloutier, déplorait les répercussions des fermetures à durée indéterminée annoncées dans l’industrie, y voyant carrément une «hécatombe qui se poursuit».
Il disait craindre que, devant cette incertitude, les travailleurs touchés par ces mises à pied temporaires finissent par quitter l’industrie et trouver du travail dans les mines ou ailleurs.
En entrevue également, la direction de Domtar parlait aussi d’une «crise profonde» qui touche l’industrie au sens large, minée qu’elle est par les droits antidumping, les droits compensateurs et une taxe de 10 % qui s’ajoute, le tout totalisant une surcharge de 45 % sur chaque pièce de bois qu’on vend aux États-Unis.
Unifor, qui est affilié à la FTQ au Québec, et Domtar estimaient que les gouvernements doivent en faire davantage.
«Malgré son rôle historique et moderne en tant que locomotive des ressources naturelles, le secteur a enregistré une contraction au cours des récentes années, ce qui s’est traduit par d’importantes pertes d’emploi. Même avant la guerre commerciale du président Trump, les travailleuses et travailleurs forestiers, tout comme leurs collectivités, ont été fortement éprouvés par le contexte tarifaire instable dans le secteur du bois d’œuvre résineux», a commenté Unifor.
«Nous accueillons favorablement cette occasion d’influencer les prochaines interventions du gouvernement dans le secteur forestier. Nous nous assurerons que la voix des travailleuses et travailleurs occupe une place centrale dans ce dialogue», a commenté Mme Payne, d’Unifor.
Le groupe de travail doit remettre son rapport au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, dans trois mois, avec des recommandations.