Le Cégep de Chicoutimi rouvre la porte aux discussions avec les partenaires de la Haute-Côte-Nord afin d’identifier des solutions pour maintenir les activités du Centre d’études collégiales de Forestville, dont la fermeture éventuelle demeure en sursis.
Une séance extraordinaire du conseil d’administration du Cégep de Chicoutimi s’est tenue le mercredi 21 janvier afin de se pencher sur la fermeture possible du Centre d’études collégiales de Forestville.
À l’issue de cette rencontre, les membres du conseil ont mandaté la direction générale pour relancer les discussions avec les acteurs économiques et institutionnels du milieu, dans le but d’évaluer différentes pistes permettant d’assurer la pérennité du Centre.
Le directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, précise que l’annonce faite à Forestville mardi visait d’abord à informer les personnes directement concernées d’une volonté envisagée, et non d’une décision finale.
« La fermeture n’est pas entérinée », a-t-il confirmé en entrevue avec le Journal, à la suite de la séance du conseil d’administration.
Selon M. Gobeil, les échanges tenus avec les administrateurs ont mis en lumière l’attachement toujours bien présent envers le Centre d’études collégiales, tant au sein de la communauté collégiale que dans le milieu. Les réactions provenant notamment de la Ville de Forestville, de la MRC et d’organismes régionaux ont également pesé dans la balance.
Le conseil d’administration a ainsi mandaté la direction générale et la direction des études afin de poursuivre activement les démarches avec les partenaires locaux. L’objectif est clair : identifier des solutions concrètes aux enjeux ayant mené à la projection de fermeture, soit le financement des opérations, les effectifs étudiants anticipés et la disponibilité du personnel enseignant.
La mairesse de Forestville, Micheline Anctil, a d’ailleurs assuré qu’elle mobiliserait rapidement les forces vives du milieu afin de tenter de sauvegarder le Centre. Des échanges sont déjà en cours.
« Je suis en communication avec Mme Anctil depuis trois jours », a indiqué M. Gobeil, ajoutant que des séances de travail sont en préparation afin d’aborder l’ensemble des pistes possibles.
Financement en diminution
Parmi les facteurs ayant mené à envisager une fermeture figurent les compressions budgétaires touchant le réseau collégial, le faible nombre d’étudiants inscrits, soit une douzaine cette année en Sciences humaines et en Tremplin DEC, ainsi que les défis liés au recrutement et à la disponibilité du personnel enseignant.
Le Centre d’études collégiales de Forestville, l’un des plus petits du réseau, est financé directement à même le budget de fonctionnement du Cégep de Chicoutimi.
Fondé en 1996, il existe depuis près de 30 ans. « C’est sûr que ça nous chagrine d’en arriver là », a confié le directeur général, rappelant les démarches entreprises au fil des ans pour tenter de développer de nouveaux projets malgré un contexte jugé difficile.
Des discussions exploratoires ont également eu lieu avec le Cégep de Baie-Comeau afin d’évaluer, le cas échéant, d’autres modèles permettant de maintenir une offre d’enseignement supérieur accessible sur le territoire, advenant l’impossibilité de conserver le Centre sous sa forme actuelle.
Pour l’instant, le dossier demeure ouvert. « La fermeture est en sursis », résume André Gobeil, précisant que les prochaines semaines seront déterminantes, notamment en raison de l’échéancier lié à la période d’admission, dont la date limite est fixée au 1er mars.
La direction générale du Cégep de Chicoutimi demeure néanmoins prudemment optimiste. « Nous espérons sincèrement que les séances de travail auxquelles les parties prenantes prendront part permettront de dégager des solutions pérennes qui contribueront au maintien d’une offre d’enseignement supérieur en Haute-Côte-Nord », conclut le directeur général.