Dans un contexte économique et géopolitique incertain, le Port de Sept-Îles et certains de ses partenaires demeurent confiants face l’avenir, dans lequel ils entrevoient de grands projets de développement.
Mercredi soir avait lieu la première édition du « Grand Rendez-Vous du Port ». Un événement au cours duquel des représentants du Port de Sept-Îles, de Minerai de Fer Québec, de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN) et du Cégep de Sept-Îles ont pu faire le bilan de l’année 2025, mais aussi, présenter les perspectives pour la prochaine année.

Le Port de Sept-Îles a établi un nouveau record en 2025, avec 40 millions de tonnes manutentionnées.
« Ça représente une augmentation quand même considérable de 1,5 million de tonnes comparativement au 38,5 millions de tonnes enregistrés en 2024 », affirme Alexandra Chouinard, présidente-directrice générale du Port de Sept-Îles depuis l’été 2025.
Ce résultat place le Port au deuxième rang au Canada, tout juste derrière le port de Vancouver.
L’année 2025 aura été marquée par l’arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump et les changements importants qu’il a provoqués à l’économie mondiale. Malgré tout, la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN) aura réussi à bien s’en tirer.
« Force est d’admettre qu’à travers ces changements, il y a des opportunités qui se dégagent et je pense qu’il faut en profiter. De notre côté [2025] a été une année record. Dans un contexte de bouleversement, il ne faut pas rester immobile, il faut bouger », résume le président-directeur général de la SFPPN, Gabriel Striganuk.
Une mine en Norvège
C’est un bilan également très positif que dresse Alexandre Belleau, chef des opérations pour Minerai de fer Québec (MFQ). L’entreprise a poursuivi ses efforts en 2025 pour la production de fer à haute pureté.
Un événement important en 2025 pour MFQ aura été l’offre d’achat de la mine de Rana Gruber, en Norvège, fait par sa société mère Champion Iron. Cet actif pourrait avoir des retombées pour la Côte-Nord.
« Notre objectif, c’est principalement de développer des projets dans la fosse du Labrador. Pour ça, on a besoin de diversifier nos sources de capitaux et acquérir une mine à l’étranger fait partie de ça », explique M. Belleau.
Perspectives 2026
En 2026, les grands joueurs de la région devront continuer à naviguer à travers des perturbations économiques sur la scène mondiale. La PDG du Port de Sept-Îles reste positive pour la prochaine année, en rappelant que les expéditions en provenance des installations portuaires vont dans des marchés variés.
La plupart des expéditions de minerai de fer se dirigent vers l’Asie et le Moyen-Orient. De plus, Aluminerie Alouette a commencé à expédier une partie importante de sa production vers l’Europe.
« Malgré les perturbations au contexte mondial et les tensions commerciales, le Port de Sept-Îles est bien positionné, parce que nos partenaires gèrent leurs expéditions de façon à ce que l’on soit le moins affecté », affirme Mme Chouinard.
Chez MFQ, 2026 sera marqué par la mise en service du projet de production réduction directe pour bouletage. Pour se faire, Champion Iron a investi environ 500 M$ pour la modernisation des installations.
« On va faire le fer le plus pur sur la planète », affirme Alexandre Belleau.
La production de fer à haute pureté devrait permettre à MFQ de diminuer ses exportations vers la Chine. Les marchés visés sont ceux de l’Europe, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Le projet Kami de Champion Iron devrait aussi progresser en 2026, avec le dépôt de l’étude de faisabilité au cours de l’année. Ce site minier a le potentiel de produire 9 millions de tonnes de concentré de minerai de fer à haute pureté (plus de 67,5 %) par année, durant 25 ans, dans la Fosse du Labrador.
De son côté, la SFPPN poursuit ses démarches dans le cadre du projet Horizon 7, visant à augmenter le tonnage du site de 17 à 40 millions. Des investissements de plusieurs centaines de millions seront nécessaires.