La Haute-Côte-Nord a manifesté haut et fort son désir de maintenir en vie le Centre d’études collégiales (CEC) de Forestville avec une mobilisation pour l’accès aux études postsecondaires sur le territoire.
Le 26 janvier, environ 40 personnes se sont rassemblées devant l’établissement collégial pour s’exprimer sur l’importance de son avenir ici, à l’invitation de la TROC-CDC Côte-Nord.
« L’accès aux études postsecondaires est un enjeu important sur l’ensemble du territoire. On avait une certaine urgence d’agir et merci d’avoir répondu à l’appel. On a eu une rencontre la semaine dernière avec le Cégep de Chicoutimi. Il y a des éléments assez précis sur lesquels nous allons devoir nous mobiliser », relate Shawn Bourdages, coordonnateur de la TROC-CDC Côte-Nord.

Présent sur place, le directeur des études du Cégep de Chicoutimi, Christian Tremblay, avoue avoir été surpris de toute la mobilisation qui s’est déclenchée à la suite de l’annonce de la possible fermeture, le 21 janvier. « On voit cette mobilisation avec une certaine surprise tant ici sur la Haute-Côte-Nord que même à notre cégep de Chicoutimi », mentionne-t-il.
Ce dernier affirme que le Cégep de Chicoutimi croit encore au CEC de Forestville malgré ses trois points de fragilité. « Il semble y avoir peu de solutions pour le moment. Maintenant, on est content de voir la mobilisation du milieu. Est-ce que via cette mobilisation-là, il y a de nouvelles idées, de nouvelles possibilités qui pourraient se pointer ? Si c’est le cas, nous autres on va crier tant mieux et on sera au rendez-vous », lance-t-il.
L’ancien directeur du CEC, Martin Maltais, s’est senti interpellé par la menace de fermeture. « J’ai été responsable du Centre d’études collégiales de 1996 à 2014 et tout allait très bien. J’espère qu’au cours des prochaines années, on pourra le conserver parce que ça fait 30 ans que ça existe. On avait dit dans le temps que ça durerait trois ans. J’espère qu’il sera encore là l’année prochaine. On le veut ! », clame-t-il.

Quant à la directrice du Carrefour jeunesse-emploi de la Haute-Côte-Nord, Claudine Roussel, elle demeure optimiste. Elle croit que la Haute-Côte-Nord est capable de déplacer des montagnes quand elle se rassemble.
« Déclarer les choses qui ne font pas notre affaire, c’est une chose, mais il faut aussi poser des gestes et des actions. Il faut continuer, il faut se mobiliser et trouver des actions. On est résilient en Haute-Côte-Nord. On est capable de sauver les choses quand elles nous tiennent à cœur », témoigne-t-elle.

Trois anciennes étudiantes du CEC de Forestville ont également pris la parole pour démontrer l’importance de l’établissement collégial en Haute-Côte-Nord. Aujourd’hui enseignantes à l’école St-Luc, elles ont apprécié d’avoir l’opportunité de faire leur DEC en Sciences humaines dans leur milieu de vie.
« Ça nous a permis de rester dans notre région et de sauver beaucoup de sous parce que les universités sont loin de notre milieu. C’est très important de garder le CEC ouvert », affirme avec conviction Joany Hovington.
« C’est une démonstration vivante que le milieu se serre les coudes et dit nous voulons maintenir ce Centre d’études collégiales pour notre jeunesse », conclut la mairesse de Forestville et préfète de la MRC de La Haute-Côte-Nord, Micheline Anctil, qui qualifie d’essentiel l’accès aux études supérieures.
