Baie-Comeau : le Marché de Claire dénonce la revente en ligne
La directrice du Marché de Claire, Guylaine Bernatchez, déplore que des gens viennent sur place pour s'approvisionner à des fins lucratives en écoulant avec profit livres, vêtements et autres sur les sites de revente en ligne. Photo Charlotte Paquet
Le Marché de Claire sensibilise la population à une pratique qui, sans être illégale, n’est pas nécessairement morale : celle des achats effectués à des prix dérisoires et revendus en ligne avec un profit pouvant facilement atteindre 400 % et plus.
L’organisme à but non lucratif, qui loge au sous-sol de l’église Saint-Nom-de-Marie depuis des dizaines d’années, reçoit les dons de la population en vue de leur revente à très très bas prix.
Les profits générés sont versés à la fabrique de la paroisse La Nativité-de-Jésus pour l’entretien du bâtiment.
Accessoires de cuisine, vaisselle, literie, vêtements, livres et bien d’autres sont offerts bien souvent à des prix pouvant aller de 50 cents à quelques dollars.
Or, des clients flairant les bonnes affaires font le plein de matériel pour ensuite utiliser les plateformes connues sur Facebook, comme Marketplace ou À vendre ou à donner Baie-Comeau, pour faire de l’argent.
Selon la directrice, Guylaine Bernatchez, le phénomène existe depuis très longtemps et ce n’est pas d’hier que l’organisme songeait à le dénoncer publiquement, mais attendait toujours dans l’espoir que la situation s’améliore. Au retour des Fêtes, il est passé à l’action.
Dans le message de sensibilisation de la mi-janvier, on a pu lire : « Les généreux dons sont offerts pour contribuer à notre mission sociale, d’où le faible coût des items. Il est inconcevable pour nous de penser que des gens s’enrichissent avec ces dons pour leurs propres besoins. »
L’organisme a cependant rapidement supprimé sa mise au point. « On l’a enlevé parce qu’il y en a qui commençait à poivrer l’une et l’autre. Ils pointaient certaines personnes », explique Mme Bernatchez. Elle considère tout de même que le message a passé et espère maintenant que la pratique répréhensible diminue.
Des acheteurs connus
Les habitués qui s’approvisionnent au Marché de Claire dans un but lucratif sont connus des bénévoles.
« On sait c’est qui, mais on ne peut pas, selon la loi, interdire de faire ça. Ils viennent à tous les jours de vente, deux fois par semaine. Ils ne volent pas. Ils paient leurs articles. Je ne peux pas dire aujourd’hui, c’est de valeur, mais t’as eu ton quota. Je ne peux pas faire ça », indique la directrice.
Parmi ce qui est prisé pour être revendu en ligne, il y a de tout. Mme Bernatchez cite en exemple les livres qui sont payés de 50 cents à 1 $ l’unité et qui sont remis en vente à 4 $ ou même 6 $. « Les appareils électriques (petits électroménagers), c’est la même chose. lls achètent ça à 5 $ et les revendent à 20, 25 piastres. »
Fait à noter, l’organisme ne fait pas que revendre à très bas prix les dons de la population. Il les offre aussi gratuitement aux gens dans le besoin et qui, sur rendez-vous, se présentent accompagnés d’un représentant d’organisme, comme le CLSC, la Maison des femmes, la Maison des familles ou autres.
« Ils prennent de tout ce qu’ils ont besoin », assure Mme Bernatchez.
Le Marché de Claire peut compter sur le soutien de 64 bénévoles, dont certains vont offrir une ou deux heures par semaine et d’autres une journée complète. La porte est toujours ouverte pour des gens qui souhaiteraient participer à l’effort.
La revente est légale et ancienne. L’article soulève un malaise, mais sans solution concrète. Espérons qu’il mènera à des ajustements constructifs