Un projet de culture de champignons à Tadoussac

Par Renaud Cyr 11:45 AM - 28 janvier 2026
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La pleurote s'intègre bien dans des plats comme le risotto, les soupes et les mijotés. Photo courtoisie

Une agricultrice veut faire pousser des champignons dans une culture intérieure à Tadoussac, afin d’en vendre au grand public dès cet été.

L’agricultrice originaire de Tadoussac, Marilyne Gagné, exploite depuis quelques années des parcelles de terre sur les terrains de la ferme Hovington, qui sont garnies d’arbres fruitiers comme des pommiers, des poiriers et des pruniers pour ne nommer que ceux-ci.

En parallèle, elle s’adonne à des expérimentations avec une autre sorte de culture, celle du champignon.

Depuis quatre ans, son garage est un théâtre expérimental où les champignons se multiplient, et elle se sent prête à gravir un échelon.

« J’ai vraiment développé une façon de faire qui pourrait se transposer à une plus grande échelle, donc c’est cette expérience-là que je vais reprendre et apporter dans le nouveau bâtiment », raconte Mme Gagné.

Production

C’est dans un bâtiment au sommet de la route 138 en sortant du village que la production se déroulera.

Maryline Gagné a opté pour une formule de culture qui s’exécute dans un espace conditionné, où la température et l’humidité sont parfaitement équilibrées à tous moments.

Elle indique que le substrat, qui est la nourriture du champignon, sera fait à partir d’un bloc uniforme de sciure de bois de chez Bersaco.

« J’ai essayé de faire ça le plus local possible. Habituellement, les champignonnières sont assez différentes selon ce que les gens sont capables d’avoir localement, puisqu’il faut quand même produire le moins cher possible à cause des coûts de l’électricité et du local », mentionne-t-elle.

« En plus, ils traitent du tremble à 100 %, et c’est ça que ça prend pour faire les champignons que je veux faire en culture », ajoute l’agricultrice.

Trois variétés

Maryline Gagné a décidé de miser sur les variétés des shiitakes, des pleurotes et des crinières de lion. Elles poussent de manière uniforme sur les blocs de bran de scie compacté.

Les blocs sont infiltrés de mycélium qui sert de racine au champignon, qui décompose la matière organique et absorbe les nutriments.

Mme Gagné dit avoir choisi les variétés par continuité avec ses expérimentations, dont les résultats étaient parvenus dans quelques cuisines.

« J’avais une certaine clientèle en plus d’avoir vendu à quelques restaurants, et je pense que la demande en champignon en général va aller en augmentant », estime-t-elle.

Les trois variétés ne sont pas des champignons très forts au goût. Les différences entre elles ne sont pas extrêmes, elles sont « juste un peu différentes ».

L’agricultrice ajoute également que le shiitake est le champignon le plus cultivé au monde, et qu’il est assez polyvalent en cuisine à l’instar des deux autres variétés.

« Il ne se brise pas comme la pleurote et se conserve quand même longtemps. Il est semblable au champignon de paris que l’on peut trouver en épicerie », dit-elle.

« La crinière de lion, par exemple, peut facilement remplacer une boulette de hamburger, et on peut les utiliser pour à peu près n’importe quand en cuisine », ajoute Mme Gagné.

Les champignons poussent sur des blocs de bran de scie dans une température contrôlée. Photo courtoisie

Point de vente

L’agricultrice fera l’acquisition du bâtiment prochainement. Elle estime pouvoir démarrer la production et arriver à vendre au mois de mai.

« Je veux essayer de sortir une bonne quantité de champignons pour pouvoir desservir la région immédiate de l’ouest de la Haute-Côte-Nord. Je compte aussi sur l’achalandage touristique de l’été pour essayer de produire une bonne quantité pour que le projet soit viable », explique-t-elle, en évaluant la production mensuelle à 200 kilos.

Elle mentionne vouloir faire un espace boutique, mais précise qu’elle n’est pas arrêtée sur le nom de la nouvelle enseigne.

« Il y a des possibilités d’agrandir le bâtiment et améliorer son look. Je voudrais aussi vendre les produits de la région et les mettre à l’honneur dans la boutique, mais cet aspect-là sera plus en phase deux », évalue-t-elle.

Constatant la « broue dans le toupet » qui s’en vient pour l’été, elle n’est pas non plus arrêtée sur les heures d’ouverture de la boutique.

« Quand on va être là et que les gens voudront venir en acheter, ce sera possible, mais sinon on va être au marché de Tadoussac tous les samedis de l’été », termine l’agricultrice.

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