Écrasement d’hélicoptère à Havre-Saint-Pierre : « Mon cerveau s’est mis en mode survie »

Olivier Ménard-Logier 7:28 AM - 2 février 2026
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Charles-Édouard Brochu. Photo tirée de Facebook

Suspendu dans le vide, retenu seulement par sa ceinture, Charles-Édouard Brochu, 21 ans, reprend connaissance après l’écrasement de l’hélicoptère survenu le 20 janvier, à l’est de Havre-Saint-Pierre. « Une fois que je me suis réveillé, j’étais un peu sous le choc, mais je me suis vite remis de mes émotions et mon cerveau s’est mis en mode survie », raconte-t-il au Nord-Côtier. « J’étais attaché dans le vide avec la ceinture au cou. »

Le monteur de ligne en télécommunications de Sorel-Tracy faisait partie des trois personnes qui prenaient place à bord de l’hélicoptère qui s’est écrasé dans le secteur du Lac d’Avion.

C’était son premier vol d’hélicoptère à vie. 

 « On m’a dit de retourner en hélicoptère rapidement pour ne pas développer une phobie, mais je ne sais pas si je serai capable [de retourner en avion ou en hélicoptère] », confie Charles-Édouard Brochu. 

Porter secours malgré le choc

Encore étourdi, il se détache et va immédiatement vérifier l’état de ses deux collègues avant de composer le 911.

« Il n’y avait pas tant de sang, donc je savais qu’ils étaient en vie », témoigne-t-il.

Il explique que la pilote se trouvait sous l’hélicoptère, sous le choc et blessée, pendant qu’il était en ligne avec les services d’urgence.

« Elle me disait de l’aider et qu’elle avait mal », dit-il. 

Il lui est alors venu en aide en la détachant.

« Elle était lucide, mais je voyais dans ses yeux qu’elle était sous le choc.»

Donner sa position aux secours

Charles-Édouard Brochu glisse son téléphone dans la poche de son uniforme, afin de garder les mains libres.

« Je leur ai dit où on était, par chance, j’avais du réseau donc j’ai donné mes coordonnées GPS à la police », explique-t-il.

Il se rend ensuite auprès de son deuxième collègue, plus gravement blessé.

« Lui, il n’était pas très réceptif, donc je lui ai donné le temps de retrouver ses esprits avant de le détacher, il avait mal aux hanches. Il avait de la difficulté à marcher », raconte-t-il. « Je voyais les doigts de mon collègue qui devenaient blancs et j’avais peur qu’il les perde. »

Retour sur les minutes avant l’écrasement

Le vol avait pourtant bien commencé.

« On est parti de Havre-Saint-Pierre vers 11 h », dit-il. « La température était quand même belle quand on est parti. On s’est dit qu’on allait longer la côte jusqu’à Natashquan, mais en arrivant à Natashquan, on a fait demi-tour vu que la température n’était pas belle » poursuit-il. « Il y a un mur de givre qui s’est mis devant nous. »

Charles-Édouard Brochu raconte qu’ils ont ensuite à nouveau changé de direction. « On était à environ 3 miles de l’aéroport de Havre-Saint-Pierre, quand un autre mur de givre s’est mis devant nous. »

L’équipage communique alors avec la tour de contrôle, afin d’annoncer un possible atterrissage d’urgence sur un lac gelé, ou dans un champ, le temps que la tempête passe.

« Il y a eu des coups de vent et j’ai perdu connaissance à ce moment-là », dit-il. « Je ne me rappelle pas du reste. »

Évacuation en motoneige

À l’arrivée des secours, les trois passagers étaient conscients et ont été transportés à l’hôpital en motoneige.

« Ils nous ont emmenés à Havre-Saint-Pierre, moi et mon collègue, et la pilote à Sept-Îles », précise-t-il.

Charles-Edouard Brochu dit s’en être tiré avec des blessures mineures. « Pour moi ça a bien été, je n’ai eu aucune fracture et aucun organe n’a été touché », témoigne-t-il. « J’ai fait des tests et on m’a dit que j’ai un traumatisme crânien et une commotion cérébrale. »

Son collègue est toujours hospitalisé, mais sa vie n’est pas en danger. Quant à la pilote, elle se rétablit à la maison.

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