Financement communautaire : des craintes sur la Côte-Nord

Par Johannie Gaudreault 6:19 PM - 3 février 2026
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Michel Savard, coordonnateur de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord. Photo Johannie Gaudreault

Des organismes de défense des droits de la Côte-Nord tirent la sonnette d’alarme face au projet de fusion entre deux fonds gouvernementaux. Ils redoutent des impacts majeurs sur leur financement, leur autonomie et, ultimement, sur les services offerts aux populations vulnérables de la région.

Les organismes de défense collective des droits (DCD) de la Côte-Nord expriment une vive inquiétude à la suite de l’annonce d’une possible fusion du Fonds d’aide à l’action communautaire autonome (FAACA) avec le Fonds québécois d’initiative sociale (FQIS).

Selon eux, cette réorganisation administrative pourrait fragiliser leur financement et compromettre leur capacité à remplir leur mission sur le territoire nord-côtier.

Pour ces groupes, l’incertitude entourant le projet crée un climat d’insécurité. Le FAACA représente bien plus qu’un simple programme de financement : il soutient le fonctionnement de base des organismes et garantit leur autonomie.

« Fusionner un fonds dédié à la mission globale avec un fonds dédié à la lutte contre la pauvreté par projet, c’est vouloir faire entrer un carré dans un cercle », affirme Frédéric Boudreault, coordonnateur de l’APIC Côte-Nord.

Frédéric Boudreault, coordonnateur de l’APIC Côte-Nord. Photo archives

Les organismes ont peur notamment que la défense des droits, qui repose sur un travail à long terme, soit reléguée au second plan dans un modèle axé sur des projets ponctuels et des résultats mesurables à court terme. 

« Nous craignons que la défense des droits devienne encore plus le parent pauvre d’une structure rigide, axée sur des résultats quantifiables à court terme plutôt que sur des changements sociaux profonds », souligne Michel Savard, coordonnateur de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord.

Les réalités propres à la Côte-Nord amplifient ces préoccupations, selon les deux représentants d’organisme. L’éloignement des communautés, les grandes distances et les coûts d’opération plus élevés rendent déjà la situation financière des organismes plus précaire que dans d’autres régions, disent-ils.

Une modification des règles de financement, sans tenir compte de ces particularités, pourrait entraîner des interruptions de services pour les citoyens, selon les groupes qui formulent plusieurs revendications claires.

Ils demandent le maintien du FAACA comme fonds distinct, afin que l’argent destiné à l’action communautaire autonome et à la défense collective des droits ne soit pas dilué dans d’autres priorités.

Ils souhaitent aussi une reconnaissance du financement à la mission globale, essentiel pour assurer la stabilité des organismes, ainsi qu’une garantie que la fusion ne mènera pas à des compressions budgétaires déguisées.

Face à la situation, les organismes appellent le gouvernement à fournir des réponses claires et à tenir une véritable consultation. Ils estiment que les décisions administratives ne doivent pas se prendre au détriment de la justice sociale et de la voix des citoyens les plus vulnérables.

« Nous ne défendons pas seulement nos budgets ; nous défendons la voix de ceux qui n’en ont pas. Si nos organismes disparaissent, qui s’opposera aux injustices sur notre territoire ? », concluent d’une seule voix les deux porte-parole.

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