Yabaïcon : la culture japonaise rassemble à la polyvalente des Baies
Le directeur de la polyvalente des Baies, Ken Bouchard, accompagné des enseignantes et responsables du Yabaïcon, Catherine Basque et Catherine Morin. Photo Johannie Gaudreault
Pour une troisième édition, le festival Yabaïcon a transformé la polyvalente des Baies de Baie-Comeau en lieu de rencontre pour les amateurs de mangas et de culture japonaise. L’événement attire un public de plus en plus large, bien au-delà des murs de l’école.
La polyvalente des Baies a vibré aux couleurs du Japon les 6 et 7 février à l’occasion du festival de culture japonaise organisé par le Club manga de l’établissement et porté par l’engagement d’enseignantes passionnées.
À l’ouverture officielle du festival, le 6 février, le directeur de la polyvalente des Baies, Ken Bouchard, a rappelé la genèse du projet, né de l’initiative d’une enseignante nouvellement arrivée à l’école. « Assez rapidement, Catherine est venue me voir avec des projets. Elle a commencé à parler de ses passions en classe et plusieurs élèves se sont sentis interpellés », a-t-il raconté.
Selon lui, Yabaïcon et le Club manga ont permis de rejoindre des jeunes qui ne se reconnaissaient pas nécessairement dans les activités plus traditionnelles. « Il y avait une partie de nos élèves qui ne se retrouvaient dans rien. Avec ces projets-là, ils ont enfin trouvé quelque chose qui venait les rejoindre », a affirmé M. Bouchard.
Fondatrice du festival, l’enseignante Catherine Basque a expliqué que Yabaïcon est né d’un désir de créer un espace où les jeunes peuvent assumer pleinement leurs intérêts. « Au secondaire, ma passion, c’était les mangas et la culture japonaise, mais on n’avait rien de tout ça. Aujourd’hui, je voulais que les élèves aient le droit d’aimer ce qu’ils aiment », a-t-elle exprimé.
De simple club au départ, le projet a rapidement pris de l’ampleur, menant à l’organisation d’un festival ouvert au public. « Ça a vraiment eu une grosse expansion, grâce aux opportunités et au travail d’équipe avec les élèves », a-t-elle ajouté, reconnaissante du soutien de la direction.
L’enseignante Catherine Morin, coordonnatrice de l’événement, décrit Yabaïcon comme bien plus qu’un festival. « C’est plus de 20 bénévoles, plus de 80 heures de travail, une douzaine de marchands, des conférencières invitées et plusieurs partenaires. Mais surtout, c’est une communauté », a-t-elle résumé lors de son allocution.
L’édition 2026, en plus d’être améliorée, marque un retour à une formule complète. « On parle d’une troisième édition, mais cette année, on a vraiment repris en grand, avec plus de marchands et des conférencières de l’extérieur », a expliqué Catherine Morin au Journal.
Le festival a notamment accueilli Valérie Harvey ainsi que Kazumi. « Avoir des conférencières qu’on ne connaît pas nécessairement ici, ça apporte une nouveauté et ça suscite beaucoup d’intérêt », a souligné l’organisatrice.

Club manga
Organisé par le Club manga, qui se réunit presque tous les midis, Yabaïcon sert aussi à financer les activités du groupe. « Les profits permettent d’acheter des mangas, du matériel artistique, des jeux et de soutenir des projets comme le voyage annuel à Québec », a précisé l’enseignante.
Le Club manga regroupe une trentaine de membres réguliers, mais rejoint beaucoup plus d’élèves au fil de l’année. « On a déjà compté jusqu’à 70 jeunes différents qui participent à un moment ou un autre », a divulgué Catherine Morin, notant également l’implication d’anciens membres devenus cégépiens.
Selon elle, le club et le festival jouent un rôle important pour des jeunes parfois plus timides ou différents. « C’est un endroit sécuritaire, une petite famille où on partage les mêmes passions », a soutenu l’enseignante. Elle rapporte aussi plusieurs témoignages d’adultes touchés par l’événement. « Des gens nous écrivent pour dire que ça vient guérir quelque chose de leur adolescence ».
C’est d’ailleurs le cas pour les élèves de troisième secondaire, Olivia Durepos et Benjamin Martineau, tous deux membres du Club manga depuis leur arrivée à la poly des Baies.
« Il y a plein de mangas à ma disposition. Je peux vraiment lire des trucs qui m’intéressent. J’ai emprunté plusieurs mangas et c’était le fun. Il y a aussi le côté social. Je peux parler à des gens. C’est une place où je me sens en sécurité, je me sens moi-même. J’ai eu beaucoup d’amis grâce au Club manga », témoigne Olivia.
« J’ai lu mon tout premier manga en secondaire 1. Au début c’était juste de suivre mes amis. C’est le fun d’être avec autant de monde qui ont les mêmes intérêts. La plupart du temps, on passe notre temps à rire et à avoir du fun. On se comprend », raconte à son tour Benjamin.
Après avoir accueilli environ 150 personnes lors de la première édition en 2024, les organisatrices s’attendaient à une participation encore plus importante cette année. « On sent beaucoup d’engouement sur les réseaux sociaux », a conclu Mme Morin.
