Fjord du Saguenay

La course à l’UNESCO sera-t-elle relancée ?

Par Renaud Cyr 3:00 PM - 10 février 2026
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Le fjord du Saguenay pourrait faire partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. Photo courtoisie

Le compte à rebours est lancé pour le fjord du Saguenay. En vue de 2027, des discussions sont en cours pour préparer sa candidature à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

C’est lors des derniers appels de l’UNESCO que la candidature du fjord du Saguenay a été soumise en 2017, par une action concertée des régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de Charlevoix et de la Côte-Nord, en plus des nations innues et huronne-wendat.

« Dans le temps, ils ont juste retenu une île, Anticosti », se rappelle l’ancien président du comité du Fjord, le Sacré-Coeurois Claude Deschênes, qui a longtemps œuvré avec les différents acteurs pour préparer la candidature du fjord.

Les activités pour soumettre l’inscription du fjord ont continué, mais certains acteurs sont passés à un autre appel.

Claude Deschênes fait partie de ceux qui s’éloignent du projet. Il désire diminuer son implication, car « ça demande beaucoup », mais il dit vouloir rester un certain temps pour aider si un nouveau comité est relancé.

Relance du comité

À l’automne 2025, une rencontre a été organisée via la Table de concertation sur la navigation durable avec différents acteurs, dans le but de sonder l’intérêt à créer un comité de relance.

« Ça en est resté là depuis », relate Ève-Laurence Hébert, coordonnatrice à la concertation au comité ZIP Charlevoix-Saguenay, responsable de la table de concertation.

Une autre rencontre aura éventuellement lieu pour décider ce qu’il adviendra du potentiel nouveau comité.

« Je vais présenter les résultats du sondage et mettre en contact les gens qui étaient intéressés à créer un comité. On verra s’il y a une organisation qui voudrait prendre le leadership », révèle Mme Hébert.

Rassembleur

C’est le mot d’ordre qui a marqué l’esprit de Claude Deschênes aux souvenirs du comité du Fjord.

« C’était assez rassembleur comme initiative. Nous étions trois à être très actifs, avec le maire de Saint-Siméon, Sylvain Tremblay, et l’ancien député fédéral de la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord, Robert Bouchard », résume-t-il.

L’automne dernier, M. Deschênes est allé « raconter toute cette aventure-là » aux partenaires afin de les sensibiliser au prochain appel de candidatures de l’UNESCO.

Ce dernier note la participation de représentants qui provenaient des milieux économique, politique, touristique et de la protection de l’environnement.

« Ça a été une rencontre très positive. Il faut que le dossier avance, car on y croit beaucoup », fait-il valoir.

Claude Deschênes de Sacré-Cœur est impliqué dans le dossier de candidature du fjord du Saguenay. Photo courtoisie

Un dossier frais

Claude Deschênes souligne la rigueur du dossier du fjord du Saguenay présenté lors du processus de sélection de 2017. « À l’époque, près de 20 personnes siégeaient au comité et une ressource avait été mandatée pour préparer le dossier. On était allés très loin dans la démarche », précise-t-il.

D’ailleurs, le comité avait voulu connaître les raisons derrière le refus de la candidature à l’époque. « Ils nous ont dit qu’on est allé jusqu’à la fin du deuxième tour. Les notes ont été bonnes, et elles sont toujours au dossier », dévoile Claude Deschênes.

Il mentionne que si le dossier passe toutes les étapes la prochaine fois, le fjord du Saguenay pourrait voir certains ajouts comme dans le cas d’Anticosti.

« Dès que c’est accepté, les paliers de gouvernement y travaillent et mettent toutes les structures en place comme des bâtiments et des sites aménagés », révèle-t-il.

« Du moment que c’est reconnu, le site fait le tour et ça devient reconnu mondialement à l’UNESCO et il y en a qui vont courir ces sites-là. C’est très bon pour l’aspect touristique de nos régions », ajoute Claude Deschênes, qui a longtemps œuvré dans le monde du tourisme.

Valeur universelle exceptionnelle

La valeur universelle exceptionnelle, c’est le critère de sélection de l’UNESCO qui justifie l’inscription sur la liste du patrimoine mondial et qui prévaut pour l’humanité au grand complet.

Dans le cadre de la première candidature, le territoire total jouait sur les limites terrestres du parc national du Fjord-du-Saguenay ainsi qu’une partie maritime du parc marin Saguenay-Saint-Laurent.

En plus de son imposante stature, le fjord accueille également plusieurs espèces animales, dont le béluga, un mammifère marin qui y trouve refuge malgré son statut de conservation fragile.

Si le dossier fait son chemin jusqu’au bout de la procédure, le site pourrait ensuite devenir l’hôte de recherches scientifiques et financières supplémentaires permettant ainsi de l’enrichir.

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