Le CALACS de Baie-Comeau se reconstruit après une année difficile
Nathalie Boudreault est la nouvelle coordonnatrice du CALACS Lumière boréale de Baie-Comeau. Il s'agit d'un retour aux sources pour celle qui y a travaillé de son ouverture en 1991 jusqu'en 2008. Photo Charlotte Paquet
Après une année difficile sur le plan de l’organisation, Lumière boréale, le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Baie-Comeau, reprend le collier avec une nouvelle coordonnatrice bien décidée à remettre le train sur les rails pour combattre les violences sexuelles.
« Je dirais que c’est une reconstruction et une ouverture vers le futur », illustre Nathalie Boudreault, en poste depuis la fin de 2025. Elle a beau être installée depuis peu, il n’en demeure pas moins que la nouvelle venue n’est pas si nouvelle dans les faits puisqu’elle y a travaillé comme intervenante pendant 17 ans, soit de son ouverture en 1991 jusqu’en 2008. Elle a ensuite déménagé en Minganie, son secteur d’origine.
En l’espace d’un an, l’organisme a vécu le départ de Guilaine Levesque, sa coordonnatrice de longue date ; l’arrivée d’une nouvelle personne en poste après un certain temps ; le départ de cette dernière suivi d’une autre absence à la coordination ; et finalement l’embauche de Nathalie Boudreault.
À 60 ans et avec encore de belles années devant elle, jamais Mme Boudreault n’aurait pu penser effectuer ce retour aux sources. « Ce que je me disais, c’est que j’avais donné ce que j’avais à donner au CALACS à l’époque. J’avais dit que jamais je ne reviendrais. Il ne faut jamais dire jamais », raconte-t-elle, un petit sourire en coin.
Remplie d’énergie et d’idées, la nouvelle coordonnatrice veut accompagner l’équipe pour « se reprendre en main ». Elle avoue avoir été surprise de l’état de l’organisme à son arrivée. « C’est comme si tout était un peu figé dans le temps. Le CALACS a eu 35 ans. Oui, il a fait de belles choses, mais là, il faut se remettre au goût du jour. »
Pourquoi et comment ?
Avec 174 infractions de nature sexuelle déclarées par 100 000 habitants selon les données de 2022, la Côte-Nord trône malheureusement encore au sommet des régions du Québec, déplore Nathalie Boudreault, qui veut que ça change. « La question qu’on doit se poser aujourd’hui, c’est pourquoi il y a autant de violence sexuelle sur la Côte-Nord ? Pourquoi qu’après toutes ces années de lutte, il y en ait encore autant », martèle-t-elle.
La coordonnatrice l’avoue : même après toutes ces années d’existence, le CALACS a encore beaucoup de travail à faire pour se faire connaître et être plus présent et plus visible. Elle parle des efforts de sensibilisation à multiplier.
« On recommence, c’est des cycles. Lumière boréale, c’est connu d’une génération, mais c’est comme si la transmission, il faut la faire aussi. Il faut qu’on en parle, donc ça veut dire plus de programmes d’information et de sensibilisation à différents niveaux. Ça va être de tout mettre ça en place pour qu’on en parle de la violence sexuelle. »
Oui, l’organisme doit jongler avec un roulement important de personnel et une pénurie de main-d’œuvre. Oui, l’organisme revoit toute son organisation et vit beaucoup de changements en peu de temps, ce qui peut être déstabilisant.
« Il faut prendre cette opportunité qui est là comme une ouverture vers le futur. Qu’est-ce qu’on souhaite à la Côte-Nord jusqu’en 2035 par rapport à la violence sexuelle ? Si on veut diminuer, il faut travailler sur plusieurs fronts », indique celle qui déplore qu’encore aujourd’hui, le principe du consentement soit difficile à comprendre par certains.
Le CALACS de Baie-Comeau fonctionne avec un financement annuel de 595 000 $ du Programme de soutien aux organismes communautaires du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord. Il bénéficie d’autres sources de revenus ponctuelles rattachées à des projets.