Traverse Rimouski-Forestville : le navire est acheté

Par Johannie Gaudreault 2:37 PM - 10 février 2026
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Le navire pour la relance de la Traverse Rimouski-Forestville est maintenant la propriété du promoteur rimouskois. Photo courtoisie

Le projet de relance de la traverse Rimouski-Forestville a franchi une étape déterminante avec la confirmation de l’achat du futur traversier. Le promoteur, Louis-Olivier Carré, affirme que la mise en service demeure visée pour la saison estivale 2026.

Le président des Industries Rilec de Rimouski, Louis-Olivier Carré, a confirmé avoir signé, le 9 février, les documents officialisant l’achat du futur navire qui assurera la liaison maritime entre Rimouski et Forestville. Il s’agit, selon les informations obtenues, d’une transaction estimée entre 12 et 14 millions de dollars.

Selon lui, la confirmation de l’achat démontre que le projet se concrétise progressivement. Il se dit toujours confiant quant à la suite des choses, alors que les démarches se poursuivent pour permettre la mise en service du traversier. « C’est un long processus, mais ça s’aligne », dit-il avec enthousiasme.

Le navire se trouve actuellement en Grèce, où certaines modifications doivent être effectuées avant son départ vers le Québec. Le promoteur précise que les travaux d’adaptation nécessaires seront réalisés sur place avant la traversée de l’Atlantique.

« On fait 90 % du travail en Grèce. Ça nous permet de gagner du temps. On s’est entendu avec le propriétaire actuel pour pouvoir faire les travaux même si le bateau est en service. Ça fait partie de notre négociation et le propriétaire est une personne tellement humaine et compréhensive qu’on ne pouvait pas mieux tomber », raconte M. Carré en entrevue avec le Journal. 

Si l’échéancier est respecté, le traversier pourrait quitter la Grèce autour du 15 avril pour arriver à Rimouski vers le 15 mai, après un voyage d’environ 5 000 milles nautiques. En parallèle, des travaux d’adaptation des infrastructures portuaires, notamment la rampe d’accès au port de Rimouski, doivent être terminés. 

Parmi les prochaines étapes, on attend notamment l’aide financière du gouvernement du Québec. Ensuite, on prévoit l’inspection finale du navire, l’embauche de personnel et la formation. « Après tout ça, on commence », se réjouit M. Carré.

Dans le meilleur des scénarios, une première traversée Rimouski-Forestville pourrait avoir lieu dès le 1er juin.

Le promoteur du retour de la traverse Rimouski-Forestville, Louis-Olivier Carré. Photo courtoisie

Quel nom sera donné au traversier ?

Le promoteur annonce également le lancement prochain d’un concours visant à trouver un nom pour le futur traversier. La population des deux rives sera invitée à proposer des idées.

L’objectif du projet demeure inchangé depuis son dépôt en juin 2025 : offrir un service de traversier rentable, sécuritaire et efficace. Louis-Olivier Carré tient par ailleurs à souligner l’implication de plusieurs partenaires, dont la mairesse de Forestville, Micheline Anctil, qui agit aussi à titre de présidente de la Corporation de liaison Rimouski-Forestville.

Sur le plan économique, la relance de la traverse pourrait entraîner la création d’environ 25 emplois liés à l’exploitation du service.

« Une étape très importante » pour la Côte-Nord

La mairesse de Forestville, Micheline Anctil, voit dans l’achat confirmé du navire une avancée majeure pour le retour du service de traversier. « Je considère que c’est une étape très importante qui vient d’être franchie et tout le monde est heureux », affirme-t-elle, en entrevue avec Le Haute-Côte-Nord.

Selon elle, le projet se concrétise désormais de façon tangible, même si plusieurs démarches demeurent en cours, notamment en ce qui concerne le soutien financier demandé au gouvernement du Québec, la mise aux normes canadiennes du navire et les aménagements portuaires à Forestville.

« Le bateau s’en vient. Il faut accélérer le travail sur plusieurs éléments, dont les études de navigabilité et les adaptations nécessaires aux quais, puisque ce n’est pas le même traversier que le CNM Évolution », précise l’élue forestvilloise.

À Forestville, des ajustements importants devront être apportés afin d’accueillir un navire plus imposant, capable de transporter des véhicules lourds, des camions de 53 pieds, des véhicules récréatifs et des remorques.

« Il faut revoir la configuration du quai avec nos ingénieurs, notamment pour l’embarquement et le débarquement. C’est nécessaire pour assurer la fluidité et la sécurité », explique Mme Anctil, qui mentionne également la nécessité d’harmoniser les usages du quai industriel et touristique.

Très sollicitée par les citoyens, la mairesse affirme que le retour de la traverse est vivement attendu. « On me pose la question partout plusieurs fois par semaine. Le traversier est attendu, autant à Forestville que sur l’ensemble de la Côte-Nord », souligne-t-elle.

Micheline Anctil se dit confiante, tout en rappelant que le travail est loin d’être terminé. « On va tout faire pour que ça prenne forme d’ici l’été 2026. C’est un dossier important pour les deux rives, et on va continuer à travailler ensemble pour y arriver. »

La configuration de l’embarquement et du débarquement des véhicules est à revoir à Forestville. Photo Johannie Gaudreault