Innergex veut brancher 900 foyers au solaire en Haute-Côte-Nord

Par Johannie Gaudreault 11:38 AM - 11 février 2026
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Henri Kinsman, gestionnaire développement chez Innergex et responsable de la soumission. Photo Johannie Gaudreault

En pleine course pour répondre à l’appel d’offres de 300 mégawatts d’Hydro-Québec en énergie solaire, Innergex a présenté le 10 février aux Escoumins un projet de parc de 15 mégawatts qui pourrait voir le jour entre Les Bergeronnes et Les Escoumins.

Pour l’entreprise québécoise, la Haute-Côte-Nord offre des conditions favorables à cette technologie encore peu développée dans la province.

Le projet, provisoirement nommé  « Les Bergeronnes » en référence au poste électrique à proximité, pourrait changer d’appellation. « On invite les participants à nous donner des idées », mentionne Henri Kinsman, gestionnaire de développement chez Innergex et responsable de la soumission, lors des portes ouvertes tenues le 10 février au centre multifonctionnel des Escoumins.

L’objectif de la rencontre était d’informer les citoyens sur la technologie solaire et de recueillir leurs commentaires. « C’est déjà pour l’acceptabilité sociale, mais surtout pour avoir le retour de la population par rapport au solaire, les informer parce que c’est quelque chose de tout nouveau au Québec », explique M. Kinsman.

Le parc envisagé serait d’une puissance de 15 mégawatts en courant alternatif (MW AC), branché sur le réseau de distribution triphasé d’Hydro-Québec. « La limite, c’est en dessous de 25 MW AC », précise le gestionnaire. La capacité retenue correspond à l’espace disponible confirmé par la demande d’orientation technique déposée auprès de la société d’État.

Le site projeté couvrirait environ 50 acres et serait situé à plus de quatre kilomètres des noyaux villageois, à proximité d’un poste d’Hydro-Québec. « L’impact visuel va être vraiment minime », assure M. Kinsman, ajoutant que la technologie ne génère pas de bruit significatif.

En termes de production, le parc pourrait alimenter l’équivalent d’environ 900 résidences québécoises moyennes, soit des foyers de 2,5 personnes.

Le futur parc solaire serait situé à 4 km du centre villageois des Escoumins. Photo Johannie Gaudreault

Un territoire favorable au solaire

Si la Côte-Nord est surtout associée au développement éolien, Innergex estime que la région présente également un potentiel intéressant pour le solaire.

« L’irradiation du soleil ici est très bonne », soutient Henri Kinsman, évoquant des comparaisons avec des projets exploités par l’entreprise en Ontario, à des latitudes similaires, ainsi qu’en France. « La neige n’est pas un problème particulier. […] Aujourd’hui, il y a un vrai potentiel. »

Selon lui, le fait qu’Hydro-Québec ait lancé un premier appel d’offres d’envergure pour cette technologie témoigne d’une volonté d’intégrer davantage le solaire au bouquet énergétique québécois. « On sait qu’on a un manque d’énergie et je pense que c’est une des technologies qui va permettre justement de combler ces besoins. »

Entreprise québécoise, Innergex exploite déjà des parcs solaires en Ontario et aux États-Unis, en plus de ses projets éoliens et hydroélectriques.

« C’est une technologie que nous maîtrisons », affirme M. Kinsman, citant notamment un parc près de Montréal et un autre à Sault-Sainte-Marie. « C’était tout à fait normal d’intervenir sur le territoire sur lequel Innergex est née », ajoute-t-il au sujet de la décision de répondre à l’appel d’offres lancé en 2025.

La date limite pour déposer la soumission est fixée au 31 mars 2026. D’ici là, l’entreprise poursuit les travaux d’ingénierie et les discussions avec les acteurs du milieu.

Innergex a organisé des portes ouvertes le 10 février au centre multifonctionnel des Escoumins. Une trentaine de personnes y ont assisté.  Photo Johannie Gaudreault

Discussions avec des partenaires

Innergex indique être en pourparlers avec la MRC de La Haute-Côte-Nord, les municipalités des Bergeronnes et des Escoumins, ainsi qu’avec le Conseil de la Première Nation des Innus Essipit afin d’explorer des partenariats.

« Notre objectif, c’est de les impliquer au maximum localement », souligne le gestionnaire. Les discussions portent notamment sur des partenariats financiers. La MRC et la communauté autochtone pourraient être rémunérées sous forme de dividendes si elles deviennent partenaires du projet.

Du côté des municipalités, l’entreprise prévoit le versement de redevances. « Ces projets ne sont pas sujets à des taxes. Donc l’objectif, c’était un peu de remplacer ces taxes en leur offrant des redevances », explique Henri Kinsman.

Échéancier

La phase de construction, si le projet est retenu, s’échelonnerait sur près de deux ans. Innergex prévoit faire appel à des entrepreneurs locaux et estime que deux emplois permanents seraient créés pour l’exploitation et l’entretien du site, en plus d’emplois saisonniers.

Hydro-Québec exige une mise en service au plus tard le 1er décembre 2029. « Nous allons respecter cette date », déclare le représentant d’Innergex.

Au-delà de ce projet précis, Innergex souhaite contribuer à la familiarisation du public avec l’énergie solaire. « Ce n’est pas parce qu’actuellement il n’y en a pas que ça n’a pas sa place, conclut M. Kinsman. L’objectif aujourd’hui des développeurs comme nous, c’est vraiment d’informer dans un premier temps la population parce que c’est tout nouveau. »

Le projet se nomme Les Bergeronnes pour le moment, mais le nom est appelé à changer. Photo Johannie Gaudreault

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