Le documentaire Le punk de Natashquan de Nicolas Lachapelle rend hommage à un survenant disparu il y a 40 ans, sans laisser de traces.
Ghislain Viger disparaît en 1986 à l’est de Natashquan et son corps n’est jamais retrouvé, malgré d’intenses recherches. Ce passionné de moteur vêtu de pantalons de cuir et portant des boucles d’oreilles est passé à l’histoire comme Le Punk de Natashquan.
« Il flottait sur l’eau avec sa motoneige », témoigne Marie-Claude Vigneault à la caméra de Nicolas Lachapelle, qui lui consacre un documentaire de 20 minutes diffusé dans de nombreux festivals de cinéma régionaux comme internationaux.
Passionné de motoneige et de moteurs, celui qu’on surnomma « le Punk » fascinait par ses manières et son originalité. Son plus haut fait d’armes aura été de traverser la rivière Natashquan à toute vitesse sur une motoneige qu’il avait lui-même modifiée, devant le village au complet juché sur le pont.
On lui parle du Punk
« Depuis la sortie du film, pas une semaine ne passe sans qu’on me parle du Punk », raconte Nicolas Lachapelle au Nord-Côtier.
Même s’il a connu du succès jusqu’au festival de Trouville en France, le cinéaste est surtout satisfait de l’accueil de son film par le public québécois. Il a été agréablement surpris de voir son œuvre diffusée en salle, honneur extrêmement rare pour un court-métrage, surtout documentaire.
« Finalement, je me dis que c’est un film pour nous autres, une poésie qui nous appartient », ajoute Lachapelle.
Car si le court-métrage est empreint de poésie, c’est parce que ceux qui y parlent sont beaux, intrigants, colorés…
« Comment ne pas faire un bon film avec les paysages de la Côte-Nord et la manière unique des villageois de raconter leur histoire ? » lance le documentariste.
La trame sonore est signée Cédric Dind-Lavoie, connu pour sa mise en valeur contemporaine du folklore musical québécois.
La Côte-Nord l’habite
Même s’il vit à Québec, Nicolas Lachapelle se sent intensément lié à la Côte-Nord, une région qu’il fréquente depuis le berceau.
« Deux semaines après ma naissance, mes parents se sont fait évincer de leur logement. Ils vivaient donc avec moi sur un voilier, sillonnant le fleuve jusqu’à la Côte-Nord », explique le cinéaste.
Dans la vingtaine, il a piloté des zodiacs à Tadoussac à la recherche de baleines pour les touristes. Comme caméraman, il a parcouru la Côte-Nord pour de courts contrats. Il s’y établit quelques années, après avoir décroché un emploi comme vidéo-journaliste à Radio-Canada.
C’est d’ailleurs dans le cadre de cet emploi qu’il a entendu parler du Punk de Natashquan. Quand il finissait ses journées de tournage, il était invité dans les garages des habitants. L’idée du film a germé en partageant des verres.
« C’est dans les garages qu’on s’obstine sur des événements du passé, que les légendes naissent », relate le Nord-Côtier dans l’âme.
Le court-métrage d’une vingtaine de minutes est disponible sur la plateforme en ligne de Télé-Québec, jusqu’au 1er mars.