Les élections provinciales à venir donnent à nouveau espoir au projet de Coopérative de transport régional du Québec (TREQ), qui se remet une fois de plus en action, après des années de silence et de tergiversation.
« On s’était mis un petit peu en veille, parce que le gouvernement de la CAQ n’était pas très intéressé au modèle d’affaires, mais là, les élections s’en viennent », a dit au Journal le président de TREQ, Éric Larouche.
Le Conseil d’administration de la Coopérative de transport régional du Québec devrait tenir une rencontre aujourd’hui, pour remettre le projet en action.
« Pour produire l’AGA, puis commencer à se préparer pour voir un peu ce que les décideurs en pensent et voir si ça serait pertinent de ramener TREQ sur la table. On est en train d’analyser le tout tranquillement. On se prépare », explique M. Larouche.
TREQ a été mise sur pied en 2020. L’objectif était de doter le Québec « d’un réel transporteur aérien régional au service des régions et de leur développement », peut-on lire sur le site web de l’organisation.
« L’idée de la COOP, c’était de recréer, de rebâtir le trafic aérien », explique Réjean Porlier, qui était à l’époque maire de la Ville de Sept-Îles.
À ses débuts, la coopérative avait récolté au moins 150 000 $ auprès de la population en quote-part. Les derniers documents financiers publiés de l’organisation datant de 2022 font part « d’un défi notable en termes de gestion financière ».
« L’année s’est soldée par un déficit notable, reflétant les coûts d’exploitation et d’administration qui ont largement dépassé les revenus minimes », indique-t-on.
« On le savait que, mettons, les deux premières années, ça serait plus difficile. Ça faisait partie du plan d’affaires », dit Réjean Porlier. « Rebâtir un trafic aérien, ce n’est pas simple. Les gens l’ont délaissé. Ils se sont tournés davantage vers leurs voitures pour toutes sortes de raisons, dont le prix, naturellement et la fiabilité. »
Concernant les gens qui ont soutenu le projet en devenant membres, Éric Larouche explique qu’ils sont encore membres de la coopérative.
« Quand elle existera, ils bénéficieront des avantages », assure-t-il.
Il est d’ailleurs toujours possible de devenir membre de TREQ via le site web de l’organisation.
Oui, mais
L’entrepreneure septilienne, Mirka Boudreau, faisait partie des gens à l’origine du projet. C’est un projet auquel elle croyait, mais qu’elle a décidé de quitter, comme plusieurs.
« On y a mis beaucoup de temps. C’est beaucoup des gens d’affaires qui étaient autour du conseil d’administration. On était vraiment des développeurs, des gens qui sont habitués de prendre des risques, des gens qui sont habitués d’aller au fond des choses », dit Mirka Boudreau.
Or, pour plusieurs protagonistes du projet, le manque évident d’intérêt du gouvernement provincial était un deal breaker.
« On avait eu l’appui du fédéral, mais on n’avait pas eu l’appui du gouvernement du Québec. Je voyais bien qu’on n’allait pas y arriver, sans le support du gouvernement du Québec », dit Mme Boudreau.
« C’est un projet qui était viable, qui se pouvait, mais c’est vraiment juste parce qu’il n’y a pas eu l’appui du gouvernement provincial », estime aussi Réjean Porlier. « Ça a tout été mis sur la sur pause. On se disait qu’on attendrait un autre gouvernement, on n’avait pas d’autres choix. »
Éric Larouche abonde également dans le même sens.
« Il faut recommencer. Il n’y a rien de perdu, mais il faut quand même recommencer à convaincre. Les élus ont changé. Il y a de nouveaux maires, de nouveaux députés. C’est sûr qu’il faut recommencer à rencontrer ces gens-là », explique M. Larouche.
« On l’a déjà fait et on est capable de le faire encore. On n’est pas découragé par rapport à ça. Ce n’est pas parce que ça n’a pas passé la première fois que ça ne peut pas la deuxième fois », ajoute-t-il.
Identifier les besoins
Selon Mirka Boudreau, pour améliorer le service de transport aérien dans la région, il pourrait être bien de sonder les entreprises et la population pour connaître quels sont les réels besoins et tenter par la suite de les combler.
« Peut-être aussi qu’il y aurait des gens d’affaires qui seraient prêts à mettre un peu d’énergie, un peu de sous, peu importe, avoir peut-être un regroupement pour améliorer l’offre », dit Mirka Boudreau.
Réjean Porlier parle aussi de la nécessité d’avoir « le bon diagnostic ».
« Ce qu’on disait, c’est que pour poser les bons gestes, il faut faire le bon diagnostic », dit-il. « Ils [le Gouvernement] se sont toujours refusés à faire le diagnostic. Ils ne feront jamais la démarche approfondie pour connaître les raisons qui font que les billets sont si chers et que le service soit aussi pourri », ajoute M. Porlier.
L’organisation de la Coopérative de transport régional du Québec veut évaluer la situation du transport aérien actuelle et regarder les solutions qui se sont mises en place ailleurs dans le monde.
« Nous, notre constat présentement, c’est qu’il n’y a pas eu beaucoup d’améliorations. On pense encore que notre modèle est un modèle qui est intéressant pour le Québec », dit le président de TREQ.
Éric Larouche a indiqué que les membres de la Coopérative devraient recevoir des nouvelles de l’organisation dans les prochaines semaines, suite à la rencontre du conseil d’administration.