CHRONIQUE | Notre voisin se prend-il pour le nombril du monde ?

Par Raphaël Hovington 12:00 PM - 18 février 2026
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La fermeture de la Scierie des Outardes crée de l'incertitude économique. Photo Johannie Gaudreault

L’actualité ne manque pas de sujets intéressants depuis quelques semaines. D’abord sur la scène internationale, notre belliqueux voisin continue de semer la pagaille, l’incertitude et le désarroi. Il y prend même un malin plaisir en toute impunité, sans opposition réelle, comme un monarque absolu.

Notre voisin a ordonné la capture du président du Venezuela. Maduro a été exfiltré manu militari. Il est maintenant écroué à la prison de Brooklyn. Le Metropolitan Detention Center abrite 1 300 détenus en attente d’être jugés. Il s’agit d’un coup d’éclat décrié par les uns, acclamé par les autres. Mais il n’en reste pas moins que ce sont les Vénézuéliens qui devraient juger leur ex-dictateur. 

Notre voisin a aussi promis de régler tous les autres problèmes. Pourtant la guerre se poursuit en Ukraine. En Palestine, il y a encore des milliers de Gazaouis qui sont toujours en danger et qui ne mangent pas à leur faim. Récemment, il y a eu ce déploiement militaire en vue de provoquer un changement de régime à Téhéran. Le monde est assis sur une poudrière. Notre voisin ne fait rien pour la désarçonner. Personne ne contestera que le temps des ayatollahs est révolu et que ceux-ci devraient retourner à leurs prières plutôt que de continuer à menotter la démocratie sous de faux prétextes en Perse.

S’il y a de la turbulence autour de la planète, il en existe aussi plus près de chez nous. La guerre commerciale déclenchée par le locataire de la Maison-Blanche continue d’ébranler l’économie canadienne. La Scierie des Outardes en est victime. Quelque 346 travailleurs se retrouvent bien malgré eux sans emploi pour une durée indéterminée. Avec un tarif de 45 % et la diminution de la demande de bois d’œuvre, Domtar n’a pas eu d’autre choix que de fermer à regret plusieurs installations.

La fermeture de Scierie des Outardes crée de l’incertitude économique, surtout que notre région, malgré des efforts plus que louables, n’est pas vraiment sortie du bois (sans jeu de mots) en matière de stabilité industrielle. Comme trois emplois indirects découlent en général d’un emploi direct, l’onde de choc risque d’être terrible dans la Manicouagan. Il faudra faire preuve de vigilance pour détecter les drames possibles et d’une grande solidarité pour les surmonter. Notre région est manifestement trop dépendante de l’extraction de ses richesses naturelles. Notre économie demeure fragile parce qu’elle chemine vraiment trop lentement vers le stade secondaire et quand elle y parvient, elle n’est pas à l’abri des velléités politiques comme cette épreuve de force liée à une stupide guerre tarifaire.

Notre voisin continue de semer la discorde dans le monde. Il veut avaler le Groenland et laisse toujours miroiter son désir de remplacer l’Unifolié par une cinquante et unième étoile sur son drapeau. Non, la feuille d’érable n’est pas à vendre ni à conquérir. Mais avec un voisin aussi imprévisible que belliqueux qu’est le nôtre, nous avons toutes les raisons du monde de craindre sa gourmandise. Le monsieur en complet bleu et cravate rouge se moque totalement de ses voisins et de leur indépendance territoriale. Il est en train d’étouffer la Perle des Antilles. Le régime castriste a fait son temps, on en convient, mais il n’appartient pas aux États-Unis de fomenter les conditions pour faire tomber un système politique, si imparfait soit-il. Est-ce que les Américains ont oublié ce qui est arrivé au Chili ?

Actuellement, il y a beaucoup de mouvance partout sur la planète. Aux États-Unis, il n’y a plus vraiment de contre-pouvoirs, tous attendent les yeux bandés les élections de mi-mandat pour voir si ce président sera muselé. Au Québec, la scène politique est devenue une patinoire dangereuse où tous les coups bas semblent permis de même que toutes les espérances semblent possibles. Tant les libéraux que les caquistes cherchent actuellement à réitérer l’exploit de Mark Carney, les premiers pour reprendre le pouvoir après un purgatoire de huit ans, les seconds pour le conserver malgré l’humeur des électeurs après les fiascos et les promesses rompues, la SAAQ, le troisième lien et j’en passe. Que dire des péquistes ?

Malgré tout ce climat d’incertitude, sur le plan strictement local, tout semble indiquer que Baie-Comeau navigue sous la bonne étoile dont elle est née il y a près de 90 ans. Nous en reparlerons dans une prochaine chronique.

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