Lettre ouverte | 1-2-3dentiste.com

Par Hélène Prémont 10:00 AM - 18 février 2026
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Photo courtoisie

Vous avez probablement vu, à la télévision, cette publicité qui vous assure de retrouver le sourire en dénichant un dentiste près de chez vous. Par curiosité, j’ai visité ce site et, comme je m’y attendais, aucun dentiste de Baie-Comeau n’y est inscrit.

J’ai demeuré à Chute-aux-Outardes de 2005 à 2015 où j’étais suivie à la clinique Pierre Martin. Je suis retournée par chez moi de 2015 à 2023, année où j’ai pris la décision de revenir vieillir dans la paix et la nature de la Côte-Nord.

À mon retour en 2023, grande déception ; cette clinique a fermé ses portes depuis la pandémie. Dû à un épisode de maladie grave, je n’ai pu entreprendre immédiatement des démarches pour me trouver un nouveau dentiste.

Il y a quelques semaines, j’ai téléphoné à toutes les cliniques et une seule m’a inscrite sur une liste d’attente pour au moins un an. Merci à cette clinique ! Toutes les autres : un non catégorique, aucune liste d’attente. À celle de Forestville, ils ne prennent aucun nouveau patient à l’extérieur de leur municipalité.

J’ai relu l’article paru en novembre dernier dans ce journal sur le manque flagrant de dentistes en région, pas seulement ici. La réalité est telle qu’il faut sonner une cloche d’alarme pour que le gouvernement ou une autre instance décisionnelle se penche sur ce problème et trouve une solution à cette pénurie, sachant que la bouche et les dents sont un milieu propice à l’éclosion de différentes maladies.

Je comprends que la nouvelle assurance fédérale offerte aux aînés a permis à plusieurs personnes de ma génération de recevoir des soins dentaires à moindre coût. Cette situation nous oblige à nous déplacer dans une autre ville pour un simple nettoyage. Je trouve surtout désolant que les gens d’ici soient si résilients et se contentent d’aller à l’extérieur pour recevoir des soins de base. Pour moi, ce n’est pas normal en 2026.

Si d’autres personnes sont dans ma situation, de nouveaux arrivants qui ont peut-être même des enfants, ont-elles réussi à se trouver un dentiste ? Si oui, comment ? Pourrions-nous former un groupe de pression pour essayer de faire bouger le dossier ? Je crois qu’ensemble, les citoyens, nous pouvons brasser la cage et exiger des services bucco-dentaires de base pour nous-mêmes, peu importe notre âge, et pour nos enfants.

Souhaitant recevoir des réactions de votre part ou encore mieux, un rendez-vous chez un dentiste, vous pouvez communiquer avec moi via le journal.

Hélène Prémont, citoyenne de la Manicouagan

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Pierre Milette
Invité
Pierre Milette
14 jours il y a

Madame, Votre témoignage reflète une réalité que plusieurs citoyens vivent en région, et vous avez raison de dire que ce n’est pas normal en 2026 de devoir faire des centaines de km pour obtenir des soins bucco-dentaires de base. L’association des Dentistes propriétaires du Québec (DPQ) a documenté cette situation. En 2024, nous avons publié un Livre blanc sur l’accessibilité aux soins dentaires au Québec, à la suite de plusieurs rencontres formelles avec le gouvernement de François Legault et le cabinet de la Santé. Nous y exposions clairement : • la pénurie en région • la pression accrue sur les cliniques existantes, • les effets combinés des nouveaux programmes publics et du manque de relève • les impacts directs sur les familles et les aînés. Malheureusement, malgré ces échanges et des propositions concrètes de solutions, aucune action structurante n’a été mise en place par le gouvernement caquiste pour corriger la situation de fond. Cela dit, le dossier n’est pas fermé. Nous continuons de travailler activement sur cet enjeu et nous poursuivons nos représentations. L’accès aux soins dentaires en région ne peut pas rester un angle mort des politiques de santé. Je vous invite à consulter notre Livre blanc, qui… Lire la suite »