Avenir énergétique : réfléchir collectivement aux choix de demain
La journée Dialogues sur l’avenir énergétique a eu lieu le 22 février à Baie-Comeau. Elle était organisée par le Front commun pour la transition énergétique et ses membres. Photo Johannie Gaudreault
Projets éoliens, infrastructures gazières, optimisation des barrages : une vingtaine de citoyens et d’acteurs du milieu se sont réunis à Baie-Comeau pour débattre de l’avenir énergétique de la région et du Québec.
Au cœur des échanges : la nécessité d’une plus grande transparence et d’une participation accrue de la population dans des choix qui façonneront le territoire pour les décennies à venir.
La rencontre du 22 février à Baie-Comeau s’inscrivait dans une série de trois journées de Dialogues sur l’avenir énergétique organisées à travers le Québec. La Côte-Nord figurait parmi les arrêts ciblés en raison des nombreux projets énergétiques qui y sont envisagés ou déjà en cours.
« On est vraiment ici pour dialoguer sur l’avenir énergétique », explique Zélie Victor, chargée de projet Campagnes énergie et transports au Front commun pour la transition énergétique.
« On pense qu’en ce moment il y a plein de décisions qui sont en train de se prendre sur de gros projets énergétiques ou des infrastructures structurantes et qu’on a besoin d’en discuter avec des citoyens, des citoyennes, des organismes communautaires et autres », ajoute-t-elle, rencontrée sur place à l’Hôtel Motel Hauterive.
Selon elle, les choix énergétiques dépassent la seule dimension technique. « En fonction des choix, ça ne va pas être les mêmes sociétés demain qu’on aura et ça, c’est vraiment important d’en avoir conscience qu’il y a des impacts différents. »

Enjeux locaux et orientations nationales
La journée alternait entre présentations et ateliers participatifs. Les organisateurs souhaitaient d’abord établir une base commune d’information, tant sur les orientations nationales que sur les réalités locales.
« On a besoin d’informations et on a aussi besoin de savoir si tout le monde a un peu les mêmes connaissances sur les enjeux », précise Mme Victor. « Ensuite on a des ateliers parce qu’on a vraiment envie d’entendre les gens dire un peu ce qu’ils en pensent, quelles sont leurs priorités à eux, quelle vision ils ont. »
Parmi les thèmes abordés : l’optimisation des barrages existants, le développement éolien, l’utilisation de certaines rivières à des fins énergétiques, ainsi que les projets liés au gaz naturel liquéfié (GNL).
À propos d’un projet de GNL évoqué sur le territoire, Mme Victor souligne l’importance de la transparence. « C’est important en fait que ces informations-là soient transparentes, publiques, accessibles et qu’on puisse en discuter réellement. » Elle ajoute que ce type d’initiative « va poser plein de questions à l’avenir sur comment est-ce qu’il est mené et à quel besoin il répond vraiment ».
Au-delà du nombre de projets, dit-elle, la réflexion doit porter sur leur pertinence, leurs impacts économiques et environnementaux, ainsi que sur leur acceptabilité sociale.

Un processus jugé insuffisamment consultatif
Le Front commun pour la transition énergétique inscrit sa démarche dans le contexte de l’élaboration prochaine du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) du gouvernement du Québec, attendu en avril.
Mme Victor estime que les consultations publiques entourant ce plan ont été limitées. L’organisation entend d’ailleurs publier un rapport pour proposer « d’ouvrir la discussion de ça aurait pu être fait différemment » et plaider pour des mécanismes plus transparents à l’avenir.
« Les enjeux énergétiques sont souvent présentés comme très techniques et réservés aux experts et expertes, observe-t-elle. Mais en fait c’est vraiment des choix qui nous concernent tous dans notre quotidien et ça va être vraiment déterminant sur ce à quoi va ressembler les sociétés demain, à quoi vont ressembler nos villes, comment est-ce qu’on va consommer, comment on va se nourrir, comment on va habiter les territoires. »

Participation citoyenne et suites à venir
Environ 25 personnes ont pris part à la journée à Baie-Comeau. Pour l’organisatrice, cette mobilisation est en soi significative. « Déjà que des personnes acceptent de venir passer une journée à discuter de ça, oui c’est vraiment intéressant », souligne-t-elle, se disant reconnaissante de l’engagement démontré.
Après une autre étape à Rimouski en mars, l’organisation dressera un bilan de cette première tournée. L’objectif à long terme n’est toutefois pas de se substituer aux autorités publiques.
« L’intérêt, ça serait surtout que ça ne soit pas nous tout le temps qui fassions ce type de consultation et que ça soit pris en charge par le gouvernement », conclut Zélie Victor.
Pour le Front commun, la transition énergétique constitue d’abord un choix de société. Un choix qui, selon ses promoteurs, gagne à être débattu dès maintenant, au plus près des réalités régionales.
