Qu’en est-il de la fiabilité du service de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout, qui a fait mainte fois les manchettes au cours des dernières années. Est-ce que le F.-A.-Gauthier est la meilleure option pour relier les deux rives ? La construction du navire a connu de grands dépassements de coûts et des arrêts de service sont survenus en 2024 et 2025 en raison de grèves. Des intervenants et politiciens se prononcent sur les enjeux du service et l’avenir de cette liaison. Et si une partie de la solution résidait dans plus d’amour pour les traverses intermédiaires ?
Pour le député péquiste Joël Arseneau, le plus grand enjeu en ce qui a trait au service de traversier entre Matane et la Côte-Nord est de « trouver l’équilibre entre le droit des travailleurs, le droit des usagers et de toute une région à se développer ».
« Il y a une accalmie qui se dessine, mentionne le porte-parole du Parti québécois aux Transports et député des Îles-de-la-Madeleine.
« C’est bien sûr avec la signature d’une convention collective pour une période de six ans. Mais, ce n’est pas trop comme délai pour s’assurer que les éléments qu’on a connus dans les dernières années ne se reproduisent plus. »
Le député fait référence aux trois grèves survenues dans les deux dernières années, qui ont causé un arrêt complet du lien entre les deux rives.
« Il devrait y avoir une fierté d’avoir une société d’État qui opère des services de traversiers. Mais, malheureusement, on doit le dire, depuis une bonne dizaine d’années, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. Les gens ont perdu confiance envers la Société des traversiers du Québec », soutient M. Arseneau.
Selon lui, tout pèse dans la balance : un manque de fiabilité du service, des navires qui ont coûté beaucoup plus cher que prévu et toute la question des relations de travail menant à des grèves.
Même si du côté de la fiabilité du service, la STQ s’est améliorée selon lui, il reste beaucoup de chemin à parcourir. « On estime que la STQ doit rendre des comptes et avoir une efficacité beaucoup plus grande dans sa livraison de service », mentionne-t-il.
Comités consultatifs
Le député péquiste croit que la solution passe par les comités consultatifs.
« Il faut être beaucoup plus à l’écoute. […] S’il y a des propositions alternatives ou des bonifications à faire, c’est à travers les instances locales et les intervenants du milieu que ça doit percoler. »
« Ça ne sera pas à un gouvernement de proposer des solutions clés en main », soutient-il ensuite.
Service essentiel
Joël Arseneau explique que ce lien est un service essentiel. Il compare la situation que la Ville de Montréal a connue avec les enjeux de grève pour le transport en commun.
« Tous ont dit : on ne peut pas fonctionner de façon normale et sécuritaire dans une ville sans avoir des services de transports fonctionnels. Je pense que ce qui vaut pour les villes vaut pour les régions », lance-t-il.
Selon lui, il faudrait inscrire tous les dossiers des transports dans une optique de services essentiels pour les régions.
Dans l’éventualité où le Parti québécois prenait le pouvoir, le député mentionne que toutes les options d’optimisation seront sur la table, tout en respectant le cadre de la légalité d’intervention du gouvernement.
« Il faut explorer toutes les solutions possibles. […] L’idée n’est pas de contester le droit de grève ou de moyens de pression, mais le maintien des services essentiels doit faire l’objet d’un examen plus approfondi. »