Alliance forêt boréale et le Conseil de l’industrie forestière du Québec accueillent favorablement les annonces du ministre Jean-François Simard, tout en pressant Québec d’agir rapidement pour soutenir une filière fragilisée par une crise « sans précédent ».
Les plus récents gestes posés par le gouvernement du Québec en matière forestière sont perçus comme un pas dans la bonne direction par l’industrie. Mais sur le terrain, l’heure est à l’urgence.
Alliance forêt boréale (AFB) accueille d’un bon œil les mesures annoncées par le ministre des Forêts, Jean-François Simard, soit l’abolition de la redevance annuelle, la révision de la tarification des bois, la révision du système des enchères ainsi que la mise en place de nouvelles initiatives sous forme de projets-pilotes.
Ce sont des revendications formulées depuis longtemps par les acteurs du secteur. L’organisation estime toutefois que ces ajustements ne suffiront pas, à eux seuls, à assurer la pérennité et la compétitivité de l’ensemble de la filière forestière québécoise.
« Je suis heureux de constater que le ministre pose enfin des gestes pour le secteur forestier, bien que ces mesures ne visent qu’une partie de la filière forestière. Cependant, encore faut-il qu’elles soient mises en place le plus rapidement possible », commente le président d’Alliance forêt boréale, Yanick Baillargeon.
« Pour se concrétiser, ces mesures nécessitent un changement législatif qui doit franchir plusieurs étapes et le temps presse, espérons que le gouvernement en voit aussi l’urgence », poursuit-il dans un communiqué.
Alliance forêt boréale rappelle avoir déposé à l’automne 2025 un document proposant 11 actions rapides ne nécessitant aucune modification législative et pouvant avoir un effet immédiat sur la filière. L’organisation insiste sur la nécessité de mesures d’aide temporaires pour permettre aux entreprises et aux entrepreneurs forestiers de traverser la crise actuelle.
Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, l’industrie multiplie les représentations auprès du gouvernement afin d’obtenir une intervention rapide et ciblée. Elle fait valoir que le secteur est confronté à une conjoncture particulièrement difficile, marquée notamment par les droits de douane américains, l’incertitude économique et la nécessité de moderniser le régime forestier.
Adoption rapide attendue
De son côté, le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) salue le dépôt d’amendements au Projet de loi n° 11 — Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif. L’organisation s’attend à ce que les mesures annoncées puissent entrer en vigueur dès la saison forestière 2026.
Bien que ces amendements constituent, selon le CIFQ, une avancée vers l’amélioration de la compétitivité de l’industrie québécoise par rapport aux autres provinces, leur efficacité dépendra de la rapidité de leur mise en œuvre.
« L’ensemble de la filière forestière revêt une importance névralgique pour l’économie québécoise et il faut agir maintenant pour renforcer sa stabilité, sa compétitivité et sa capacité d’investissement. Ce dont la filière forestière a besoin immédiatement, ce sont des actions gouvernementales rapides afin de traverser la tempête actuelle », soutient Michel Vincent, président du CIFQ.
« Nous espérons l’adoption rapide du projet de loi, mais surtout, le déploiement, sans plus tarder, de mesures pour soutenir notre industrie et préparer sa relance », ajoute-t-il.
Alors que plusieurs régions du Québec, dont la Côte-Nord, dépendent fortement des activités forestières, les acteurs de la filière espèrent que les mesures annoncées franchiront rapidement les étapes législatives afin d’apporter un soulagement concret dès la prochaine saison.
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