Mobilisation sur la 138 : des citoyens dénoncent le « trou noir » de l’assurance-emploi
Des citoyens se sont mobilisés pour l’assurance-emploi le 17 mars partout sur la Côte-Nord. Photo courtoisie
Des groupes de citoyens se sont rassemblés mardi matin dans plusieurs municipalités de la Côte-Nord pour dénoncer le « trou noir » de l’assurance-emploi, une situation qui laisse des centaines de travailleurs saisonniers sans revenu pendant plusieurs semaines.
Les automobilistes circulant sur la route 138 ont été témoins d’une mobilisation citoyenne d’envergure sur la Côte-Nord. De Tadoussac à Sept-Îles, en passant par Les Bergeronnes, Forestville et Baie-Trinité, des groupes se sont installés en bordure de la route afin de dénoncer les lacunes du régime d’assurance-emploi.
Sur leurs pancartes, des messages sans équivoque : « Indispensables l’été, oubliés l’hiver ! » et « Nos factures ne sont pas saisonnières ». Derrière ces slogans, un constat partagé : des centaines de travailleurs qualifiés de la région se retrouvent actuellement sans aucune source de revenu, malgré leur rôle essentiel dans l’économie locale.
Actifs dans des secteurs clés comme les pêches, la poissonnerie, la construction, la foresterie, le tourisme ou les pourvoiries, ces travailleurs occupent des emplois saisonniers. Une fois la haute saison terminée, plusieurs se heurtent toutefois à une période sans prestations ni salaire.

Un système jugé inadapté
Pour Action-Chômage Côte-Nord, la problématique dépasse les situations individuelles et relève plutôt d’un enjeu structurel. « Le Trou Noir n’est pas une fatalité pour l’industrie saisonnière, il est le résultat de paramètres administratifs mal adaptés aux régions ressources comme la Côte-Nord », martèle Line Sirois, directrice de l’organisme.
Privés de prestations avant la reprise de leur emploi, les travailleurs concernés doivent composer avec des options limitées : recourir à l’aide sociale, s’endetter ou quitter la région pour trouver un emploi à l’année. « Souhaitons-nous réellement que les régions se vident et que nos villages ne vivent que l’été ? », se questionne Line Sirois.

Une demande récurrente à Ottawa
Depuis plus de 20 ans, Action-Chômage Côte-Nord réclame des ajustements au régime d’assurance-emploi afin de mieux refléter la réalité des régions éloignées. Un projet pilote, qui accordait récemment cinq semaines supplémentaires de prestations, a offert un certain répit, sans toutefois régler le problème de fond.
Or, la fin de cette mesure en 2026 suscite des inquiétudes. « En l’absence d’une réforme complète du système, nous demandons a minima que cette mesure soit pérennisée et portée à 15 semaines », indique Line Sirois.
En marge de cette mobilisation, plusieurs travailleurs ont également déploré l’absence, cette année, des formations d’aide à l’emploi offertes par Emploi Québec. Ces programmes permettaient de maintenir un revenu minimal tout en développant de nouvelles compétences durant la basse saison.
Selon Action-Chômage Côte-Nord, ces formations n’ont pas été reconduites en 2026. L’organisme a d’ailleurs interpellé les deux députés de la région afin de réclamer leur rétablissement rapide.
« Nous espérons des actions rapides de la part de nos élus pour venir aider nos citoyens dans cette passe difficile ! », souligne Line Sirois.
Alors que les mobilisations se multiplient, les travailleurs saisonniers espèrent désormais que ces actions attireront l’attention des décideurs sur une problématique qui perdure depuis des décennies sur la Côte-Nord.
