Lors de son passage à Baie-Comeau, l’humoriste Pierre-Bruno Rivard a permis à une femme récemment sortie de l’itinérance d’assister gratuitement à son spectacle. Une initiative rendue possible grâce à la collaboration de la salle et de différents intervenants du milieu.
Le 13 mars, l’humoriste Pierre-Bruno Rivard, mieux connu sous le nom de PB Rivard, était en représentation à l’Ouvre-boîte culturel. Il ne se doutait pas qu’il repartirait avec bien plus qu’une simple prestation réussie.
Sur les réseaux sociaux, l’artiste a raconté une expérience qui a profondément changé son regard et qui met en lumière une réalité souvent méconnue.
Tout commence par un message reçu avant le spectacle. « J’aurais tellement aimé ça aller te voir mais je sors tout juste de l’itinérance et j’ai pas les moyens financiers », lui écrit une internaute. Touché, l’humoriste décide d’agir. « J’écris à la salle et j’ai à peine pesé sur “Envoyer” qu’ils me répondent : “Aucun problème, on lui réserve une table avec plaisir” », relate-t-il.
Ce simple geste a ouvert la porte à une rencontre qui le marquera.
Briser les préjugés
Avant le spectacle, l’humoriste admet avoir été habité par certaines appréhensions. « J’ai les mêmes préjugés de base que tout le monde : Est-ce qu’elle va trop boire et déranger le show ? », écrit-il avec franchise.
Mais la réalité sera tout autre.
« Le show va à merveille, le public est en feu, personne ne dérange », souligne-t-il. Après la représentation, la femme vient le remercier. « Petite madame, toute sweet, elle pourrait être ma mère. Là je me sens coupable d’avoir anticipé le pire. »
Au fil de la discussion, la spectatrice lui confie son histoire. Elle a vécu une partie de l’hiver dans une tente, avant de trouver refuge dans un bâtiment abandonné. Une situation précaire qui a finalement pris un tournant grâce à une série d’interventions humaines.
« [L’agent d’immeuble] revient finalement avec des intervenants de Centraide qui l’emmènent vers un centre qu’elle ne connaissait pas et l’aide à se trouver une chambre », raconte l’humoriste.
Aujourd’hui, il décrit une femme « rayonnante », avec « un sourire qui revient de très loin et des yeux pétillants d’espoir ».
Une chaîne de solidarité
Ce moment amène PB Rivard à réfléchir à tout ce qui se cache derrière cette transformation. Il évoque « toute la chaîne de gens impliqués » : un agent d’immeuble compréhensif, des intervenants communautaires, une personne qui l’héberge, et même la salle de spectacle qui a accepté de l’accueillir.
« Il reste plein de beau la gang, je regardais juste pas à la bonne place », conclut celui qui se demandait sur la route, avant son spectacle, pourquoi il fait son métier, après le scandale de Juste pour rire de la semaine dernière.
Sur la route du retour, malgré des conditions difficiles, l’artiste dit avoir retrouvé une certaine clarté. « Une visibilité dégueulasse mais les yeux décrottés. C’est pour ça qu’on fait ça. »
Au-delà des rires, cette soirée à Baie-Comeau rappelle que la culture peut aussi servir de pont entre les réalités, les préjugés et, parfois, entre deux parcours de vie.
