Les organismes communautaires ne savent plus quoi faire, l’épuisement se sent comme jamais dans les équipes. C’est pourquoi ils essaient une nouvelle approche, à la grandeur de la province, soit des actions de grève du 23 mars au 2 avril.
Des organismes communautaires de tous les horizons de la Côte-Nord joignent le mouvement national « Le communautaire à boutte ! », afin de défendre leur survie. Ils sont 34 au total à s’être dotés d’un mandat de grève en plus de ceux qui participeront aux mobilisations.
Cette initiative vise à dénoncer « l’insuffisance chronique » du financement et « l’épuisement grandissant » des équipes qui soutiennent les communautés de la région.
« Le slogan est là pour une raison. Il y a de plus en plus d’épuisement dans les équipes de travail. C’est de l’épuisement comme on ne voyait pas avant », dévoile la coordonnatrice et intervenante au CALACS de Sept-Îles, Mélanie Martel.
Mme Martel est co-porte-parole de la cellule Côte-Nord du mouvement, avec Mylène Beaulieu, intervenante de la Maison Anita-Lebel à Baie-Comeau.
« Les besoins sont plus grands, les inégalités sont encore plus grandes et le communautaire est déjà fragilisé », lance Mélanie Martel. « On a tout essayé. On en a fait des campagnes pour nommer les problématiques. On l’a souvent répété. Mais là, clairement, on le vit de plus en plus. »
L’intervenante souligne que, dans les équipes de ces organisations, il y a un phénomène grandissant de maladies. Dans son équipe, sur 5 personnes, deux sont en congé maladie pour épuisement. « En 15 ans, ça n’est jamais arrivé », s’exclame-t-elle.
« On a beau avoir la vocation et être créatifs, à un certain moment, on ne peut pas faire des miracles. En fait, les miracles, on les a déjà faits. »
« Encore aujourd’hui, la vocation pour le communautaire prévaut pour beaucoup sur le taux horaire de l’heure. Notre coeur y est, mais on mérite d’avoir des conditions de travail qui nous permettent de continuer de faire ce travail », souligne pour sa part Mylène Beaulieu.
Grève de services
La « grève » de deux semaines s’exprimera de différentes manières selon les réalités, les missions et les capacités de chaque groupe.
« C’est une grève de service. La plupart des groupes, avec un mandat de grève, vont continuer à répondre aux services de base. Par exemple, une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence va garder le volet hébergement et ne va pas mettre les femmes en danger », précise Mélanie Martel.
« On n’arrête pas nos services, car on ne peut pas se permettre d’arrêter », ajoute-t-elle. Cela peut se traduire par une fermeture partielle, la réduction de services, des actions publiques, des interventions médiatiques ou des mobilisations.
L’intervenante laisse entendre que ce moment leur permettra aussi de « prendre le temps de parler de nos droits, de nos services, de comment on peut aider la population en général ».
« Quand on est dans l’urgence et qu’on répond aux besoins, on ne se garde pas de temps pour faire la transformation sociale et l’éducation populaire autonome, ce qui est dans nos missions », indique-t-elle.
Mélanie Martel invite les gens à suivre les différents organismes sur les réseaux sociaux afin de connaître toutes les actions qui seront réalisées. Le calendrier est chargé. Pour la Côte-Nord, tout a commencé par une conférence de presse le 23 mars réunissant les groupes communautaires pour dévoiler leur participation à la mobilisation.
Parmi les actions, il y aura des demandes d’appuis auprès des élus municipaux, un flash mob à Baie-Comeau le 27 mars ainsi que des rassemblements devant les bureaux des députés à Baie-Comeau et à Sept-Îles le 30 mars.
Les représentants des organismes participeront aussi à la grande mobilisation devant l’Assemblée nationale le 2 avril.
Parler d’une même voix
Le mouvement « Le communautaire à boutte ! » rassemble des organismes de tout type de clientèle. « Ça fait 26 ans que je suis dans le milieu communautaire et j’ai participé à beaucoup de campagnes et de mobilisations. À ma connaissance, c’est la première fois qu’il y a un mouvement aussi grand qui embarque tous les organismes d’actions communautaires autonomes », mentionne Mme Martel.
« Parfois, on est par secteur, soit les femmes, la santé, les services sociaux ou les défenses de droit. Là, on sent un mouvement où tous sont impliqués et interpellés », ajoute-t-elle.
Leur objectif est de rappeler que les organismes sont essentiels, enracinés dans leurs milieux et portés par des équipes qui refusent d’abandonner les gens. Le mouvement revendique un rehaussement significatif et récurrent du financement à la mission, des conditions de travail décentes, une reconnaissance réelle ainsi que des engagements concrets pour mettre fin au sous-financement des organismes.
Pour les deux porte-paroles de la Côte-Nord, c’est une mobilisation qui « n’est pas voulue, mais qui s’impose ».
Vous donner trop et personne se prend en main ,ne chercher la solution parfaite il en a pas tant que ceux qui attende que le monde leur doit tout au lieu de faire l,effort de trouver une solution pour s,en sortir sa va empirer ,personne se laisse mourir de faim il finit par agir mais tant qu,il aura des frigidaire plein ou il peut aller s,en chercher y va rester dans sa misere a lui et chialier je suis rendu a 88ans j,en ai vue de toute sorte de monde j,ai été élever pauvrement et j,ai apprit a me débrouiller en travaillant pas a penser que le monde me devait tout ,il a des exceptions comme la maladie mais le reste il sont apte a travailler ,Je souhaite le meilleur pour les années a venir c,est mon opinion .