Tournée de l’UMQ sur la Côte-Nord : les travailleurs étrangers sont la priorité #1
Le président de l’Union des municipalités du Québec, Guillaume Tremblay, était de passage sur la Côte-Nord le 24 mars. Le voici à Baie-Comeau en compagnie du maire Michel Desbiens. Photo Facebook
En tournée sur la Côte-Nord, le président de l’UMQ, Guillaume Tremblay, affirme que le recours aux travailleurs étrangers s’impose désormais comme l’enjeu numéro un des régions, devant même les infrastructures et la vitalité des centres-villes.
De passage à Sept-Îles et Baie-Comeau dans le cadre de sa tournée « Nouveau départ », le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, a pu mesurer l’ampleur des défis vécus sur le terrain avec, en tête de liste, la question de la main-d’œuvre.
« Les travailleurs étrangers, c’est la réalité dans la totalité des régions du Québec, parce que des enjeux d’emploi, il y en a partout au Québec présentement. Les travailleurs étrangers jouent un rôle important dans la vitalité de nos régions. Aujourd’hui, on sait que c’est la priorité numéro un des régions », a-t-il affirmé en entrevue avec Le Manic.
Un constat qui l’a lui-même surpris. « Je ne m’attendais pas à ça comme président, de comprendre à quel point c’est un enjeu majeur. »
Selon lui, les municipalités, particulièrement en région, dépendent de plus en plus de cette main-d’œuvre pour soutenir leur développement économique et maintenir leurs services.
Au-delà de la question des travailleurs étrangers, les rencontres ont permis de faire ressortir une série d’enjeux structurants propres à la Côte-Nord, mais qui rejoignent aussi plusieurs réalités régionales à l’échelle du Québec.
« On a parlé beaucoup de développement économique régional, de la réalité des centres-ville. Il y a de beaux exemples de centre-ville comme Baie-Comeau où les décideurs ont pris des décisions audacieuses pour s’assurer de mettre de l’avant le beau vieux Baie-Comeau », de faire mention M. Tremblay.
Ce dernier dit avoir découvert « des élus motivés comme jamais » à Baie-Comeau. « Comme président de l’UMQ, je suis content de voir des membres actifs et qui veulent améliorer le sort de leur communauté. Les gens sont mobilisés à travailler ensemble pour trouver des solutions », indique-t-il.
À Sept-Îles, le président de l’UMQ a rencontré plusieurs représentants municipaux, dont André Thériault, maire d’Havre-Saint-Pierre et représentant régional de l’UMQ, et Benoît Méthot, maire de Sept-Îles.
Les discussions ont notamment porté sur la pression exercée sur les infrastructures, la rareté de la main-d’œuvre, l’immigration, ainsi que la mise en valeur des ressources naturelles. Une visite à l’Aluminerie Alouette était aussi à l’ordre du jour.
« La Côte-Nord fait face à des défis uniques liés à son immensité, à ses réalités industrielles et à la pression sur ses infrastructures. Les municipalités assument de plus en plus de responsabilités, mais les ressources ne suivent pas toujours », a déclaré André Thériault.
Du côté de Sept-Îles, les enjeux de croissance et de capacité des services municipaux ont été soulevés. « À Sept-Îles, nous faisons face à des défis importants, notamment en ce qui concerne la pression exercée sur nos services et nos infrastructures. Dans ce contexte, le rôle de l’UMQ est essentiel : elle nous permet de parler d’une seule voix et de faire valoir nos réalités auprès du gouvernement », a soutenu Benoît Méthot.

Des centres-villes en perte de vitesse
La visite du président de l’UMQ coïncide avec la publication d’une étude intitulée « Portrait de l’état des centres-villes et des cœurs villageois au Québec », qui dresse un constat préoccupant à l’échelle provinciale.
Selon les données, 45 % des municipalités estiment que la vitalité économique de leur centre-ville s’est détériorée au cours des 10 dernières années, alors que seulement 29 % la jugent satisfaisante. L’étude souligne également la disparition de plus d’une centaine d’épiceries et de dépanneurs durant cette période, soit une baisse de 12 %.
Parmi les facteurs évoqués figurent la montée du commerce en ligne, la concurrence des grands centres commerciaux, les coûts d’exploitation élevés et les changements d’habitudes liés au télétravail.
Pour répondre à ces défis, l’UMQ propose quatre axes d’intervention : renforcer le dynamisme économique, aménager des milieux de vie complets, valoriser l’identité locale et mieux outiller les municipalités.
« Partout au Québec, les centres-villes et les cœurs villageois sont fragilisés, comme le démontre notre étude. Pourtant, des municipalités comme Baie-Comeau montrent qu’on peut renverser la vapeur avec des plans de dynamisation. Mais il manque encore des moyens financiers flexibles pour concrétiser les projets », souligne Guillaume Tremblay.
« Le gouvernement avait annoncé son intention de faire des investissements ambitieux pour soutenir les centres-villes et les cœurs villageois, qui ne se sont jamais concrétisés. La dynamisation des cœurs battants, c’est essentiel pour retenir les familles, soutenir les commerces de proximité et assurer l’avenir de nos régions. Pour réussir, il faut aussi s’attaquer aux enjeux criants de main-d’œuvre et de financement des infrastructures », ajoute-t-il.
La tournée « Nouveau départ » se déroule du 16 décembre 2025 à la fin mars 2026 et prévoit des arrêts dans toutes les régions du Québec. Elle vise à favoriser les échanges avec les élus municipaux, qu’ils soient membres ou non de l’UMQ, autour des enjeux liés au développement économique régional.
