Le territoire d’Essipit presque doublé en superficie
Membres de la communauté, représentants du Conseil, et partenaires réunis pour la signature officielle de l’ajout de terres de la Première Nation des Innus Essipit. Photo courtoisie
La Première Nation des Innus Essipit franchit une étape déterminante de son développement territorial avec l’ajout de près de 46 hectares à sa réserve, une expansion qui permettra presque d’en doubler la superficie.
L’annonce a été faite le 26 mars par le Conseil de la Première Nation des Innus Essipit (CPNIE) et Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), confirmant la conclusion officielle de la première phase du processus d’ajout de terres à la réserve (ATR).
Au total, 25 lots représentant 0,463 6 km² s’ajoutent à la réserve actuelle, faisant passer sa superficie de 0,874 km² à 1,337 6 km². Il s’agit du plus vaste agrandissement de réserve au Québec au cours de la dernière décennie.
Le chef de la communauté, Martin Dufour, souligne l’importance de cette avancée, tant pour les membres de la nation que pour les relations avec le milieu environnant.
« Cet ajout de terres marque une étape importante pour notre communauté, mais aussi pour les relations que nous entretenons avec notre milieu. Il reflète une volonté de développer dans le respect, en maintenant un équilibre socioéconomique avec les citoyens des Escoumins et en favorisant une cohabitation harmonieuse sur le territoire », dit-il.
« Cette avancée s’inscrit également dans un processus plus large de reconnaissance et de réconciliation, en corrigeant une situation historique et en affirmant notre présence sur notre innu-assi, au bénéfice des générations actuelles et futures », ajoute le chef.
Le CPNIE met d’ailleurs en lumière la collaboration étroite établie avec la municipalité des Escoumins tout au long du processus. Cette relation, axée sur le partage de services et d’infrastructures, s’inscrit dans une vision de développement socioéconomique durable et de cohabitation harmonieuse.
Du côté du gouvernement fédéral, la ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, a salué l’aboutissement de plusieurs années de travail.
« Après trois années d’efforts soutenus, nous soulignons la réalisation du plus vaste agrandissement de réserve au Québec de la dernière décennie. Avec près de 46 nouveaux hectares, les terres d’Essipit ouvrent la voie à de nouvelles possibilités pour renforcer la vitalité économique, sociale et culturelle de la communauté », souligne-t-elle.
La ministre salue la vision, la constance et la détermination de la Première Nation des Innus Essipit, qui « franchit aujourd’hui une étape déterminante pour les générations à venir ».
Sa collègue, la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Rebecca Alty, insiste sur la portée concrète de ce type de démarche.
« L’ajout de terres à la réserve est l’un des moyens les plus efficaces dont nous disposons pour aider les Premières Nations à développer leurs communautés selon leurs propres conditions. […] Il s’agit d’une mesure concrète dans notre processus de réconciliation qui produit des résultats concrets sur le terrain », fait-elle savoir.
Cette expansion territoriale s’inscrit dans une démarche amorcée à la suite d’une décision rendue en 2017 par le Tribunal des revendications particulières, qui avait reconnu une insuffisance des terres initialement octroyées à Essipit.
Plus récemment, un arrêté ministériel conditionnel a été adopté le 19 janvier 2026, avant que l’acte de vente ne soit signé le 24 mars, officialisant ainsi cette première phase.
