Les résultats de la grande enquête sur l’innovation en entreprise 2026, pour laquelle des entrepreneurs nord-côtiers avaient été sondés, démontrent un recul significatif au Québec.
La proportion d’entreprises ayant entrepris au moins un projet d’innovation au Québec a chuté de 69 % à 55 % entre 2024 et 2026, plaçant la province derrière l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.
Les entreprises québécoises prévoient aussi moins de gains de productivité que les entreprises ontariennes, selon l’étude que le Conseil de l’Innovation a dévoilée dans le cadre de l’événement PIVOT 2026, à Montréal.
À Sept-Îles, Martin Demassieux, d’Optik360 et de la microbrasserie La Compagnie, a été consulté dans le cadre de l’enquête.
« Le problème, ce n’est pas d’innover, c’est de faire circuler l’innovation. Les entrepreneurs innovent, mais c’est le rythme qu’ils font amplifier», dit-il.
Une consultation d’envergure
L’enquête a été menée entre le 4 novembre et le 21 décembre 2025 auprès de 1550 décideurs d’entreprises, dont 750 au Québec. Par la suite, les représentants du Conseil de l’innovation sont allés virtuellement consulter plusieurs centaines d’entrepreneurs. Ces rencontres avaient pour objectif de mieux comprendre les enjeux qui freinent l’innovation sur le terrain et de dresser un portrait plus global de la réalité de nos entreprises au Québec.
« Les résultats sont clairs : le Québec innove, mais pas encore à son plein potentiel. Dans le contexte actuel, il est préoccupant de constater que près de 50 % des entreprises qui n’innovent pas n’en perçoivent pas le besoin, malgré les gains observés chez celles qui innovent », rapporte Luc Sirois, innovateur en chef du Québec & directeur général du Conseil de l’innovation du Québec.
Selon les données rapportées par l’enquête, les entrepreneurs québécois anticipent aussi une croissance de leurs chiffres d’affaires plus faible que leurs homologues ontariens, lorsqu’ils mettent en place des pratiques innovantes.
« Ce constat alarmant témoigne d’un véritable défi de culture de l’innovation, dont les effets se font déjà sentir et risquent de s’accentuer dans les années à venir, alors que d’autres juridictions accélèrent. Nous devons lever les freins persistants, notamment l’accès au capital et la perception de la valeur de l’innovation, afin de mieux soutenir nos entreprises et renforcer la compétitivité du Québec », continue M. Sirois.
Des actions au niveau local
Les résultats de cette nouvelle enquête viendront certainement complémenter les résultats obtenus et annoncés récemment par l’Espace PME Côte-Nord, dans le cadre du Forum Innovation Côte-Nord, qui a eu lieu à Sept-Îles.
Cette étude réalisée, par la firme montréalaise Mangrove, rapportait qu’une entreprise de la Côte-Nord sur quatre évalue que sa survie pourrait être compromise dans les prochaines années et que 63 % des projets d’innovations sont encore financés uniquement à même les fonds propres des entreprises dans la région.
Autant les acteurs locaux que provinciaux de l’innovation considèrent qu’il est nécessaire de favoriser l’accès au capital privé et au financement, afin d’appuyer les entreprises souhaitant réaliser des projets d’innovations.
Optimiste, M. Demassieux reste optimiste et considère que les choses vont s’améliorer.
« Les gens sur la Côte-Nord sont motivés. De mon côté je sens que le milieu se mobilise », observe ce dernier.
Une entreprise nord-côtière sur quatre craint pour sa survie