C’est le 30 mars à 5 h que s’est ouverte la pêche au crabe des neiges dans la zone 17, qui s’étend entre Tadoussac et Pointe-des-Monts, sur la rive nord. Les températures froides, qui peuvent causer des pertes de prises en mer, ont retardé le début de saison.
Pêches et Océans Canada a tenu plusieurs rencontres dans les dernières semaines avec les responsables de ports et les pêcheurs. Le ministère voulait se tenir à jour sur l’état des glaces dans la zone 17 pour démarrer la saison à une date adéquate.
C’est une preuve que l’hiver a été froid puisque ce genre de réunion ne se tenait plus depuis quelques années. La question de l’état des glaces ne se posait pas contrairement à cette année.
Avec le départ des crabiers ce matin, le prestigieux crustacé devrait arriver en poissonnerie à temps pour la fin de semaine de Pâques.
Un quota historiquement faible
Cette année, le quota de crabe des neiges fixé pour la zone 17 atteindra un niveau historiquement bas. Les crabiers pourront capturer 1130 tonnes métriques, soit le quota le plus faible jamais établi dans cette zone.
Le président de l’Association des crabiers de la zone 17 n’est pas étonné des résultats du dernier relevé scientifique. « Ça vient confirmer ce qu’on avait vu sur le terrain pendant notre saison de pêche », indique Marc Doucet. L’Association participe elle-même aux relevés scientifiques à l’automne, ce qui lui permet d’anticiper les tendances avant les annonces officielles.
La relève cogne à la porte
Malgré ce creux historique, les pêcheurs gardent le moral. « La relève se fait sentir et elle est juste au bord de la porte, elle cogne pour rentrer », illustre le crabier de Rimouski. Une importante cohorte de crabes juvéniles devrait intégrer la pêche commerciale dès 2027, laissant présager une reprise du cycle.
En parallèle, les scientifiques et les pêcheurs travaillent conjointement à l’élaboration d’une approche de précaution pour mieux encadrer les décisions futures. « Ça va enlever un niveau d’incertitude », croit M. Doucet, qui espère que cette nouvelle méthode permettra de connaître les orientations de quota dès décembre, plutôt qu’en février.
Au moment d’écrire ces lignes, le prix au débarquement n’était toujours pas connu.
Avec Johanne Fournier