Les coûts de construction et de rénovation de logements ont grimpé en flèche dans les dernières années. « Aujourd’hui, c’est minimum 350 000 $ la porte », lance Maxime Lajoie, propriétaire des Entreprises Mécome à Baie-Comeau.
« Le logement neuf, peu importe où on construit au Québec, c’est extrêmement cher pour plusieurs raisons. Mais, plus on s’éloigne des grands centres, plus c’est cher », indique Maxime Lajoie.
L’éloignement engendre des enjeux au niveau du préfabriqué, dit-il. Selon ce qu’il explique, il est de plus en plus cher pour les matériaux et la construction neuve, de A à Z. C’est pourquoi le préfabriqué est une bonne option.
« Plus tu t’éloignes, moins il y a de ressources aussi, comme les sous-traitants, les équipements, et n’importe quel corps de métier. Par exemple, à Québec, il n’y a pas moins d’ouvrage, mais il y a plus d’offres, de compétitivité », soutient M. Lajoie.
Ça monte vite
Son entreprise s’investit généralement dans des projets qui ne dépassent pas 2 M$. « Construire, c’est rendu très cher. Ça prend une entreprise qui peut aller jouer dans les projets de plusieurs millions pour de grosses constructions », mentionne l’entrepreneur.
Ce dernier fait référence au projet de 56 logements à Baie-Comeau, qui s’élève à 20 M$. Celui-ci est possible grâce au financement gouvernemental pour les logements à prix modique.
« L’an dernier, je regardais pour construire un immeuble avec six unités de logement. J’avais un beau terrain pas cher, mais ça me coûtait 350 000 $ la porte », déclare Maxime Lajoie.
« Combien est-ce que ça va prendre de temps avant que je revois mon argent ? Pas avant 20 ans. Je me suis tourné vers de plus petits projets », poursuit-il.
Les Entreprises Mécome sont actuellement sur un projet de rénovation d’un édifice à bureaux. Tout se passe sur un seul étage et l’édifice est en bon état. Il s’agit de rénover des locaux pour en faire des bureaux et il ne s’en sort pas en bas de 1,6 M$.
« Il n’y a pas juste un enjeu qui fait que les coûts explosent. J’ai reçu ce matin un courriel d’un fournisseur concernant la hausse des prix des matériaux et tout monte de 8 % à 15 %. Le coût de la vie monte de 2 % et les matériaux de construction de 8 % », raconte-t-il.
Rénover ou construire ?
Qu’en est-il de rénover des bâtiments non utilisés pour les convertir en unités de logement ? Est-ce moins cher ? À cette question, Maxime Lajoie répond : « Ça dépend de l’état du bâtiment. »
« Si on prend la Plaza des rives, c’est rendu trop loin dans l’état où le bâtiment est rendu, avec de l’amiante, pour être rentable », soutient-il.
Selon lui, ce n’est pas alléchant pour un propriétaire d’y mettre au moins 20 M$ pour une mise aux normes, alors qu’il restera quand même dans un état plus ou moins intéressant.
« Ensuite, tu loues 1 000 $ par mois, avec les frais d’assurances, les taxes, ça ne se paie pas en 5 ans. C’est malheureux, mais on est rendu là. »
Besoin de logements
La réalité reste la même selon Maxime Lajoie : il y a un besoin criant de logements à Baie-Comeau, alors que la Ville est dans une optique de développement.
D’un autre côté, il comprend que ça soit difficile d’aller de l’avant des projets rapidement et qu’il n’est pas rentable pour un promoteur de se lancer dans un tel projet.
« La Ville a des règlements d’urbanisme. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec certains règlements, ce sont des normes, la Ville aide vraiment », soutient-il.
« J’avais un projet, il y avait des normes. J’ai fait mes démarches avant l’achat. J’ai fait des plans d’architecte qui m’ont coûté de l’argent, mais quand j’ai déposé à la Ville, avec tout en main, j’ai eu mon permis trois semaines après », ajoute-t-il.
Ce qu’il remarque, c’est que malheureusement, le coût de construction est trop élevé versus le prix de location. « Ensuite, la Ville a ses limites sur ce qu’elle peut faire. Son mandat n’est pas de construire elle-même. »