La Ville de Baie-Comeau ne peut décider de tout rénover en logements. En fait, elle possède très peu de terrains sur son territoire. Ce sont des propriétaires privés qui doivent déposer des projets s’ils souhaitent construire ou rénover les unités de logement.
« On discute avec des promoteurs et, en fonction de leurs besoins, on a déjà des terrains qui sont ciblés. Toutefois, la Ville est propriétaire de très peu de terrains. On en a, mais souvent, il faut passer par le propriétaire », explique Stéphanie Gagné, conseillère en développement économique à la Ville de Baie-Comeau.
Elle cite l’exemple du projet de l’ancienne école Jean-Paul II, pour lequel la Ville n’est pas impliquée dans la discussion entre le promoteur et le propriétaire actuel. La Ville facilite toutefois l’approche entre les promoteurs et les propriétaires pour créer des projets de logements.
« On explore toutes les parcelles de terrain disponibles qui peuvent avoir un potentiel pour du logement. On ajuste même le zonage pour de la flexibilité », mentionne-t-elle.
À ce jour, plusieurs projets ont été annoncés sur le territoire urbain de Baie-Comeau.
En plus du projet de l’école Jean-Paul II, il y a le projet de 56 logements des Habitations Manicouagan et celui de la Cité des Bâtisseurs, les condos Espace McCormick, le développement avec le prolongement du boulevard Blanche et le projet de 72 logements pour travailleurs entre les deux secteurs.
Combien de logements ?
Mme Gagné nous réfère à une étude, commandée par ID Manicouagan, dont les données datent de 2023. On pouvait y lire que les besoins se situaient entre 281 et 600 nouvelles unités dans un horizon de cinq ans, pour un scénario conservateur.
De manière optimale, la demande de nouveaux logements se situait entre 683 à 1 193 unités pour la même période. Notons que les 4 ½ sont les plus en demande.
Selon le Service de développement économique, le taux d’inoccupation des logements à Baie-Comeau est passé de 0,5 % à 1,3 %. Cette statistique date de 2024.
Toutefois, on mentionne que cela reste sous la barre des 5 %, ce qui est considéré comme un seul d’équilibre.
Convertir des immeubles en logements
Lorsqu’on demande à Stéphanie Gagné quels sont les types de projets qui sont prioritaires pour le développement résidentiel, elle répond rapidement : « Tous ! »
Elle mentionne que la Ville encourage notamment la conversion de bâtiments non utilisés pour répondre à la demande d’habitation.
« Toutefois, il y a toujours des enjeux dans chacun des projets. Souvent, c’est un propriétaire privé. Étant donné qu’on n’est pas propriétaire, on est limité », souligne-t-elle.
« On ne peut pas forcer la main d’un propriétaire. Ce qu’on peut faire, c’est ce qu’on fait déjà, comme mettre des incitatifs. […] Au Service de développement économique, on accompagne aussi les discussions et négociations interservices pour faciliter le tout », ajoute-t-elle.
Hausse des prix
« Nous, on obtient les montants que les entrepreneurs nous disent et selon ce qu’on sait, les coûts sont de 30 % plus chers », lance Stéphanie Gagné.
Pour se lancer dans la construction d’un immeuble à logement, ça prend une bonne capacité financière, remarque-t-elle. « Le promoteur ne veut pas non plus dépenser de l’argent pour dépenser de l’argent », lance-t-elle.