Hydro-Québec ouvre la porte à une nouvelle vague de projets éoliens pouvant représenter jusqu’à 3 000 mégawatts (MW), en misant sur le contenu québécois et l’acceptabilité sociale comme conditions incontournables.
Afin de répondre à la croissance soutenue de la demande en électricité, Hydro-Québec a annoncé, le 10 avril, le lancement d’un nouvel appel d’offres pour l’acquisition d’énergie éolienne, qui pourrait atteindre entre 5 et 10 TWh, soit l’équivalent de 1 500 à 3 000 MW installés.
La société d’État met clairement l’accent sur les retombées économiques locales et l’adhésion des communautés, deux critères qui guideront la sélection des projets.
« Cet appel d’offres repose sur des critères renforcés visant à maximiser les retombées économiques au Québec et à assurer une intégration harmonieuse des projets dans les milieux d’accueil », précise-t-on par voie de communiqué.
Des exigences accrues pour les promoteurs
Hydro-Québec accorde une importance accrue au contenu québécois, notamment en valorisant les investissements réalisés au Québec, les retombées économiques locales et la mobilisation de l’expertise de l’industrie éolienne québécoise.
L’acceptabilité sociale demeure toutefois un pilier central. À cet effet, plusieurs exigences ont été bonifiées. Hydro-Québec « privilégiera les projets développés en partenariat avec les collectivités d’accueil et les Premières Nations, afin de favoriser une participation active des communautés et des retombées locales durables ».
Les promoteurs devront également démontrer un appui clair des municipalités concernées, ainsi qu’une intégration respectueuse dans leur milieu. Une consultation publique devra être menée en amont et les préoccupations citoyennes devront être prises en compte dans la conception des projets.
De plus, en plus des ententes conclues avec les propriétaires, une contribution financière annuelle devra être versée aux collectivités qui administrent le territoire.
Protection du territoire agricole
Dans le cadre de cette démarche, Hydro-Québec a conclu une entente de principe avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) afin de mieux encadrer le développement éolien en milieu agricole et forestier.
Cette entente prévoit notamment une mise à jour du cadre de référence pour l’aménagement de parcs éoliens, incluant les érablières, ainsi qu’un ajustement de la grille d’évaluation des projets. L’objectif est de favoriser des implantations limitant l’utilisation des sols de meilleure qualité.
Hydro-Québec confirme également son appui à un fonds de l’UPA visant à soutenir la pérennité du milieu agricole.
Un processus en trois étapes jusqu’en 2038
L’appel d’offres se déroulera en trois rondes, afin de permettre aux promoteurs et aux milieux locaux de mieux consulter la population et d’adapter les projets aux réalités régionales.
Les projets retenus devront être mis en service entre 2031 et 2038. Pour la première ronde, seuls les projets situés dans des zones techniques permettant un raccordement entre 2031 et 2035 seront admissibles. Une résolution d’appui des municipalités concernées sera obligatoire.
Les propositions devront répondre aux besoins d’approvisionnement à long terme « au meilleur coût, tout en favorisant les retombées socioéconomiques dans les milieux d’accueil et en minimisant les impacts sur le territoire agricole ».
La date limite pour le dépôt des soumissions de la première ronde est fixée au 26 février 2027.
Une consultation déjà amorcée
En amont de cet appel d’offres, Hydro-Québec a mené une consultation publique afin de recueillir commentaires et suggestions. Cette démarche a permis de bonifier plusieurs aspects du processus, notamment en matière de contenu québécois, d’acceptabilité sociale et de clarté des exigences imposées aux promoteurs.