« C’est important pour les femmes de la Côte-Nord d’être solidaires envers toutes les femmes au Québec », lance Mélissa Dufour, une des porte-parole du mouvement nord-côtier Non aux féminicides, alors qu’elle dépose une nouvelle roche devant le bureau du député Montigny, représentant le 9e féminicide de l’année.
Chaque lundi suivant un féminicide au Québec, les organismes pour femmes de la Côte-Nord se donnent désormais rendez-vous devant le bureau du député de René-Lévesque, Yves Montigny, à Baie-Comeau.
Elles y déposent des roches avec le nom de chaque victime depuis le début de 2026.
« Chaque féminicide est une tragédie collective. Depuis le début de l’année au Québec, nous comptons déjà neuf femmes tuées, neuf vies fauchées », déclare Mme Dufour, qui est intervenante à la Maison des femmes de Baie-Comeau.
Alors que huit de ces neuf féminicides ont eu lieu dans un contexte conjugal, le message est clair pour les représentantes de ces organismes. Le système actuel échoue à protéger les plus vulnérables, soutient l’intervenante.
« Depuis la pandémie, c’est quelque chose qui prend beaucoup de place. C’est malheureusement une tragédie qui n’arrête pas. Nous sommes à court de moyens et avons besoin d’une implication du milieu de la santé ainsi que dans les écoles », indique-t-elle.
Devant le bureau d’Yves Montigny le 13 avril, une dizaine de représentantes du mouvement lance un cri du cœur avec le dépôt symbolique des roches. « Les pierres qu’on dépose représentent le fardeau que portent les familles », précise Mélissa Dufour.
À titre de représentant de René-Lévesque, Yves Montigny est appelé par celles-ci de porter le sentiment d’urgence à l’Assemblée nationale. De plus, les femmes exigent du gouvernement des décisions plus importantes, sans attendre le prochain budget qui, selon elles, ne consacre pas assez aux ressources venant en aide aux femmes qui en ont besoin.
Notons que M. Montigny n’était pas présent à son bureau au moment où la mobilisation s’est tenue.
