Le Camp de pêche de la rivière Moisie et ITUM de retour en cour
Me Jean-François Bertrand, avocat pour la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, et le cheg de la communauté, Jonathan Shetush. Photo Vincent Rioux-Berrouard
Un nouveau chapitre de la confrontation entre le Camp de pêche de la rivière Moisie et les Innus de la communauté de Uashat mak Mani-utenam se joue cette semaine.
Durant trois jours, au palais de justice de Sept-Îles, une demande d’injonction interlocutoire est entendue. Celle-ci vise à empêcher les membres de la communauté de venir sur le site du Camp de pêche de la rivière Moisie, connu anciennement sous le nom de Club Adams.
En juillet dernier, une injonction provisoire avait été demandée par le Camp de pêche, mais elle avait été rejetée. L’injonction interlocutoire est la deuxième étape du processus judiciaire. Il s’agit d’une ordonnance temporaire, avant qu’un jugement final soit rendu dans cette affaire.
Mardi matin, c’est l’avocat représentant le Camp de pêche de la rivière Moisie, Me William Hassels, qui a débuté ses représentations. Il a abordé les relations difficiles entre les membres de la communauté et les employés du camp durant l’été 2025. Il a décrit le tout comme étant une situation « hors de contrôle ».
La relation entre le Camp de pêche de la rivière Moisie et les Innus a connu quelques moments tendus, à l’été 2025. L’événement phare a été le 14 juin, lorsque le chef Jonathan Shetush et plusieurs dizaines de membres de la communauté se sont rendus sur les terrains du camp. Un drapeau de la communauté avait été hissé.
Défense des droits autochtones
Le chef du conseil de Uashat mak Mani-utenam, Jonathan Shetush, a assisté aux procédures judiciaires. Ce dernier a fait de la réclamation des droits sur la rivière Moisie une priorité depuis son élection.
« Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce qu’on défend aujourd’hui, c’est fondamental pour nous autres et les générations futures, mais aussi, pour les Québécois », a-t-il dit, à sa sortie de la salle d’audience.
Les avocats représentant la communauté de Uashat mak Mani-utenam s’opposent aux prétentions du Camp de pêche de la rivière Moisie. Ils comptent notamment contester l’acte de vente de ce territoire par le gouvernement à des intérêts privés au début du 20e siècle.
« Nous sommes propriétaires. Cela fait partie du territoire traditionnel des Innus de Uashat mak Mani-utenam et nous entendons le démontrer devant les tribunaux (…) C’est depuis des temps immémoriaux qu’ils fréquentent cette rivière », a affirmé Me Jean-François Bertrand.
C’est la juge Nancy Bonsaint, de la Cour supérieure, qui devra trancher la demande d’injonction interlocutoire.