Les propriétaires d’animaux de compagnie de la région pourront arrêter d’enfiler les kilomètres pour aller voir un vétérinaire, puisqu’une clinique vétérinaire mobile viendra prodiguer ses services sur une base régulière à partir du mois de mai.
Mario Bergeron et sa conjointe, la docteure Caroline Carrier, en ont vu des animaux de compagnie dans leur carrière. Jusqu’à tout récemment propriétaire de la clinique vétérinaire Lauvien à Laurier-Station dans Lotbinière, le couple voulait quelque chose pour se tenir occupé en attendant la venue des beaux jours de la vieillesse.
Ils ne sont toutefois pas près de se la couler douce, car ils ont choisi tout un projet pour leur préretraite.
Donner au suivant
Lors de ses années d’activité à son ancienne clinique, le couple a reçu quelques clients de Charlevoix et de la Côte-Nord avec qui il a tissé de bons liens.
C’est le déclic qu’il a fallu pour qu’ils démarrent le Service vétérinaire mobile Caroline Carrier avec l’acquisition d’une camionnette, dans une volonté de « donner au suivant ».
« Dans un sens c’est plate, mais, selon nous, la Côte-Nord est la région qui est soit peu desservie, ou pas du tout pour les services vétérinaires dans la province », estime Mario Bergeron, qui joue le rôle de gestionnaire et de chauffeur de la clinique mobile.
La camionnette sera munie de tout l’équipement nécessaire pour conduire des examens et procéder à certaines petites opérations comme la vaccination et les soins préventifs.
Le service vétérinaire mobile pourra également prescrire des médicaments et répondre aux questions des propriétaires d’animaux de compagnie.
Le couple se fait un devoir de rendre sa visite régulière et veut sillonner la région toutes les quatre ou six semaines.
« Ça va être comme la récupération et les poubelles. C’est cette régularité-là qu’on veut offrir et ce ne sera pas compliqué pour les gens », renchérit-il.
Première visite en mai
Mario Bergeron fait savoir que des démarches ont été entamées avec certaines municipalités du territoire pour accueillir la camionnette et les propriétaires d’animaux de compagnie.
Cependant, il n’y a pour le moment que Tadoussac qui a officialisé le tout pour la troisième semaine du mois de mai.
« Notre seul frein, c’est la disponibilité de locaux. On est en discussions avec plusieurs endroits et on aimerait couvrir de Tadoussac jusqu’à Pointe-Lebel et ses environs », explique M. Bergeron. « Ça va permettre aux gens à 50 kilomètres à la ronde de venir nous voir », ajoute-t-il.
La prise de rendez-vous sera possible à partir du 20 avril et la population est invitée à consulter les réseaux sociaux du service vétérinaire mobile.
Même si la Côte-Nord en arrache avec l’accès aux soins vétérinaires, le couple ne veut pas profiter de cette situation pour enlever des clients aux services qui existent déjà. « Le but de notre projet, ce n’est pas d’entrer en compétition avec personne. C’est simplement d’aider les propriétaires d’animaux de compagnie », résume Caroline Carrier.

Modèle en changement
Mario Bergeron mentionne que la présente mouture du service vétérinaire mobile est un signe que le monde de la médecine vétérinaire est en train de changer à l’échelle de la province.
« On est en train de virer. Les nouvelles cohortes de vétérinaires commencent à sortir et ce n’est vraiment plus aussi simple qu’avant de se partir une nouvelle clinique et se faire de l’expérience », raconte-t-il.
Il pense que le style mobile sera appelé à prendre de plus en plus d’importance, même si pour l’instant c’est plutôt l’exception. « On va être dans les premiers à ouvrir le chemin. On va voir dans le temps, mais ce sera peut-être la meilleure avenue pour les régions éloignées d’avoir un service vétérinaire », estime-t-il.
Rester dans le coin
Et comme propriétaires d’animaux de compagnie, il est plus intéressant de rester dans la région que d’organiser son horaire pour partir toute une journée en ville.
« Si le rendez-vous est à Forestville, ça se peut que la personne mange là-bas, qu’elle mette de l’essence dans son véhicule et qu’elle fasse aussi des courses. Ça emmène un flux de personnes et des sous dans la municipalité, même si c’est juste quelques jours par mois », note Mario Bergeron.
« Ça se peut très bien que les gens se disent qu’ils ne veulent pas rester s’établir ici, car il n’y a pas de vétérinaires dans le coin. Mais avec un service vétérinaire régulier, ils vont peut-être vouloir rester pour de bon », termine le gestionnaire.