Il y a des matins où je regarde la salle de rédaction et je me dis que notre métier n’a jamais eu autant besoin de souffle neuf. Le journalisme change, se transforme, se réinvente presque au quotidien. Et dans ce mouvement constant, une chose demeure essentielle : former la relève.
Comme directrice de l’information au Journal Le Manic et au Journal Haute-Côte-Nord, je considère qu’il est de notre responsabilité, mais surtout de notre devoir, de faire une place aux nouvelles voix.
Donner la chance aux jeunes, ce n’est pas simplement combler des postes ou alléger une charge de travail. C’est investir dans l’avenir de notre profession. C’est assurer que le regard journalistique continue d’évoluer, de s’adapter, de refléter la société dans toute sa diversité.
Accueillir de la jeunesse dans une équipe, c’est profondément rafraîchissant. Leur curiosité est vive, leurs réflexes sont différents, leur manière de consommer et de raconter l’information nous pousse à sortir de nos habitudes.
Ils arrivent avec des idées actuelles, des approches modernes, une aisance naturelle avec des outils qui, pour certains d’entre nous, ont demandé des années d’adaptation. Et c’est tant mieux. Parce que le journalisme n’est pas figé : il vit à travers celles et ceux qui le pratiquent.
Depuis le 7 avril, j’ai le plaisir d’accueillir deux stagiaires de l’École supérieure en Art et technologie des médias du Cégep de Jonquière. Le même programme qui m’a moi-même formée il y quelques (plusieurs) années.
Pendant cinq semaines, Roseline et Morgane feront partie de notre quotidien, de nos discussions, de nos remises en question. Mais au-delà de la durée du stage, notre souhait est clair : leur donner envie de rester, de s’enraciner ici, de contribuer à raconter notre territoire avec leur regard.
Former la relève, c’est aussi accepter de transmettre. Transmettre un savoir-faire, bien sûr, mais surtout une passion.
Celle de raconter avec rigueur, de vérifier avec patience, d’écouter avec attention. Celle de comprendre que derrière chaque nouvelle, il y a des humains, des histoires, des réalités qui méritent d’être traités avec respect.
Je crois profondément que le journalisme se nourrit de ce dialogue entre les générations. Nous avons à apprendre des jeunes, tout comme ils ont à apprendre de nous. Et c’est dans cet échange que naît une information plus riche, plus pertinente, plus vivante.
Si nous voulons que notre métier demeure fort, crédible et ancré dans sa communauté, nous devons continuer d’ouvrir la porte. Sans hésiter. Avec enthousiasme.
Parce qu’au fond, former la relève, ce n’est pas seulement préparer demain : c’est déjà améliorer aujourd’hui.