Le 16 avril, le Cégep de Baie-Comeau s’est joint à un mouvement provincial visant à briser les tabous entourant les troubles alimentaires. À l’occasion de la campagne À bas les troubles alimentaires, initiée par ANEB, un kiosque d’information a été tenu sur place.
Derrière cette initiative, deux intervenantes engagées : Valérie Roy, travailleuse sociale, et Catherine Deschênes-Bérubé, technicienne en travail social. Leur objectif était clair : sensibiliser, informer et surtout ouvrir le dialogue.
« Aujourd’hui, c’est une journée où, partout au Québec, on souligne cette campagne d’ANEB. C’est un organisme en prévention des troubles alimentaires, puis on trouvait ça important de participer pour enlever le tabou », explique Valérie Roy.
Cette année, la campagne a pris de l’ampleur, rejoignant environ 250 établissements scolaires à travers la province. Une progression que les intervenantes attribuent notamment à la disponibilité d’outils clés en main.
« Le fait d’avoir du matériel, des guides, des visuels déjà prêts, ça facilite beaucoup l’adhésion. Ça permet aussi d’avoir une information à jour et de qualité », souligne Catherine Deschênes-Bérubé.
Au-delà de l’aspect logistique, cette mobilisation collective contribue à créer un véritable mouvement de solidarité. « Ça donne une montée unanime, un message commun à travers les écoles », ajoute-t-elle.
Une réalité de plus en plus visible
Les troubles alimentaires, longtemps passés sous silence, sont aujourd’hui davantage reconnus et identifiés. Une évolution nécessaire, selon les intervenantes.
« Il y a de plus en plus de troubles qu’on nomme, qu’on identifie comme problématiques, alors qu’avant, ça pouvait passer inaperçu », explique Mme Deschênes-Bérubé.
La pandémie de COVID-19 a également exacerbé certaines problématiques. L’exposition accrue aux réseaux sociaux et aux standards de beauté irréalistes a contribué à fragiliser plusieurs personnes, particulièrement chez les jeunes.
« Les gens ont passé beaucoup de temps en ligne, à être exposés à des images corporelles et des idéaux. On voit les impacts aujourd’hui, donc c’était important d’en parler », précise Mme Roy.
Pour marquer cette journée, la population était invitée à porter des bas colorés et dépareillés, un symbole de solidarité envers les personnes vivant avec un trouble alimentaire.
Un geste simple, mais qui s’inscrit dans une démarche plus large : faire du bruit pour celles et ceux qui n’osent pas parler.
Le kiosque a d’ailleurs permis de rejoindre de nombreux étudiants et membres du personnel, qui sont repartis mieux informés et sensibilisés.
Avec Roseline Pelletier