Un nouveau projet de recherche sur les hirondelles à Tadoussac
Une hirondelle rustique. Photo Jessé Roy-Drainville
L’observatoire d’oiseaux de Tadoussac (OOT) se lance dans un nouveau projet de recherche à la Réserve nationale de faune du Cap-Tourmente. Le but est d’étudier l’état des populations de trois espèces d’hirondelles qui en arrachent dans leur succès reproducteur.
Le nouveau projet de recherche concerne les hirondelles rustiques, à front blanc et de rivage. Ces espèces présentes sur le territoire de la réserve nationale de faune présentent des déclins de populations dépassant le -70 %.
Le directeur aux opérations de l’OOT, Alexandre Terrigeol, indique que ces déclins alarmants sont dus à l’accessibilité à la nourriture et aux changements d’occupation des sols.
« Il y a beaucoup de champs maintenant où il n’y a plus d’arbustes ou de poteaux. Ils ne peuvent donc plus nicher et c’est plus difficile pour ces hirondelles-là », mentionne-t-il.
Ce dernier indique que ces trois espèces peuvent être aperçues même sur la Côte-Nord, mais que l’hirondelle rustique est davantage présente dans des environnements où les fermes agricoles abondent.
« L’hirondelle de rivage, c’est une diminution de 97 % depuis les années 1970. C’est de se dire qu’on en voit quasiment plus », se désole le directeur aux opérations.
Un pas vers la conservation
De 2023 à 2024, l’équipe de l’observatoire a effectué un suivi semblable avec l’hirondelle bicolore, qui a mené à la mise en place d’une mesure pour favoriser leur conservation.
En faisant suivre les visites dans les nichoirs pour compter les œufs et voir le comportement des bébés hirondelles, l’observatoire a pu émettre des recommandations à la réserve pour freiner un taux de mortalité important chez les individus.
« La première année, on a montré qu’il y avait près de 80 % de mortalité dans les nichoirs. On a fait des recommandations à la réserve et ils ont mis des dispositifs anti-prédation sur les poteaux », raconte M. Terrigeol.
Les différents types de rongeurs n’ont pas pu avoir accès au sommet des objets où nichaient les oiseaux et la prédation a été réduite.
« À partir de ça, on est capable de dire s’il y a un très beau succès reproducteur ou au contraire s’il y a beaucoup de mortalité. S’ils arrivent tous à l’envol, c’est une grosse augmentation de population d’un coup », illustre Alexandre Terrigeol.
Impossible de dire pour l’instant si un résultat semblable se produira avec ces nouveaux suivis. « C’est sûr que pour la réserve, ça va avoir une conséquence directe. Pour les populations en général, c’est d’avoir des informations de plus à leur sujet », détaille le gestionnaire.
Une expertise précieuse
À force de mener différents projets de recherche et de suivis de toutes sortes, l’OOT a réussi à développer une expertise en ornithologie « quand même assez poussée », selon le directeur aux opérations.
L’organisme a été confronté au manque de financement par le passé et cherche maintenant à se démarquer en allant explorer d’autres avenues professionnelles.
« L’observatoire fait majoritairement des suivis de migration, mais depuis quelques années, on étudie aussi la nidification, la phénologie et la survie de différentes espèces », précise Alexandre Terrigeol.
Ce dernier raconte aussi avoir été mandaté par des entreprises pour faire des suivis d’oiseaux et pour proposer des solutions pour protéger la biodiversité.
« On sait que ça coupe partout au gouvernement et, éventuellement, il y a des intérêts auprès des entreprises et des organismes. C’est aussi de faire valoir cette expertise pour trouver d’autres sources pour financer nos activités », fait valoir M. Terrigeol.
