Conducteurs d’autobus recherchés : Autobus Manic à la limite du bris de service
Autobus Manic affiche son annonce de recrutement sur le bord du boulevard Laflèche à Baie-Comeau. Photo Karianne Nepton-Philippe
Autobus Manic fait face à un manque de conducteurs d’autobus et se trouve actuellement à la limite du bris de service. Le roulement constant de personnel nuit principalement à la stabilité.
Départs imprévus de personnel, retraites, maladies : il est difficile de trouver des conducteurs d’autobus pour pallier les départs chez Autobus Manic, qui ne croule pas sous les C.V.
C’est pourquoi l’entreprise tente une nouvelle approche pour son recrutement : une géante pancarte collée à un autobus sur le bord du boulevard Laflèche.
« J’ai essayé de trouver une façon d’augmenter ma visibilité et que ça perdure dans le temps », lance Stéphane Gilbert, directeur d’Autobus Manic.
« J’ai besoin d’au moins trois chauffeurs. Il faut aussi comprendre que ça part plus vite que ça arrive. J’ai eu deux retraites récemment. En discutant avec l’ancienne directrice, elle me mentionnait avoir aussi ce problème avant. Elle était toujours en embauche. Ça ne reste pas longtemps », poursuit M. Gilbert, en poste depuis un peu plus de trois mois.
Tricoter les circuits
Autobus Manic se voit obligée de réorganiser constamment ses circuits pour éviter les ruptures de service. « On est limite en ce moment. Je vois du retard parfois dans des circuits trop loadés. On est obligé de tricoter », déclare Stéphane Gilbert, sans être trop alarmant.
Toutefois, la situation l’oblige à prendre certains circuits et les diviser en deux ou trois, pour ajouter des parties aux autres circuits en marche.
Récemment, il y a eu un circuit à Godbout qui n’a pas été desservi de manière adéquate.
« Ce n’est pas idéal de mixer, parce qu’on les a nos circuits dans le contrat scolaire. L’idéal, c’est vraiment un chauffeur par circuit », indique-t-il.
Chaque semaine, ce sont entre 40 et 45 circuits scolaires qui sont effectués. « Là, on est toujours à la limite du bris de service », lance celui qui dit avoir besoin d’au moins trois conducteurs permanents.

Situation précaire
De son côté, le Centre de services scolaire (CSS) de l’Estuaire indique que la situation est précaire depuis quelques mois dans la Manicouagan.
À preuve, une lettre a été envoyée aux parents du territoire de Ragueneau à Baie-Trinité, au début de février, à titre de prévention au cas où il y aurait des bris de service.
« Actuellement, nous recensons des modifications aux activités régulières sur une base quasi hebdomadaire. Cependant, lors d’un bris de service possible, des solutions alternatives sont envisagées par le transporteur », écrit le CSS de l’Estuaire par courriel.
Il est donc plutôt rare, selon l’organisation, que la situation entraîne un bris complet du service.
« La précarité actuelle nous place constamment sur le qui-vive et nous sommes conscients que les bris de service dérangent et désorganisent les parents. […] Nous suivons la situation de près et nous collaborons avec les transporteurs dans la mesure de notre champ d’action », déclare Nadine Desrosiers, directrice générale du CSS de l’Estuaire.
Cette dernière se dit consciente que le transporteur est en mode solution et multiplie les démarches de recrutement. De plus, les cas de ruptures ont été « plutôt rares » dans les derniers mois.
Exigences du métier
Bien que le métier soit valorisé, ses exigences freinent le recrutement, souligne M. Gilbert.
« Ce n’est pas seulement de faire un circuit. Il y a la gestion des élèves, il faut être capable de prendre la pression et ce n’est pas pour tous », mentionne-t-il.
« C’est certain que c’est exigeant, mais c’est tellement un beau métier », ajoute-t-il.