Rares, mais déterminants. Sur la Côte-Nord, quelques dons d’organes suffisent à transformer des vies, dans une réalité où l’éloignement exige une logistique bien rodée.
À la veille de la Semaine nationale du don d’organes et de tissus, le bilan 2025 de Transplant Québec rappelle une réalité peu connue : les donneurs sont rares. « C’est 1 % de tous les décès en centre hospitalier », résume le directeur des soins infirmiers et du soutien aux établissements chez Transplant Québec, Sylvain Lavigne.
Au Québec, 196 donneurs ont permis 617 transplantations l’an dernier. Sur la Côte-Nord, deux donneurs ont été recensés en 2025. Leur geste a permis de transplanter six personnes. « Un seul donneur peut sauver jusqu’à huit vies », souligne M. Lavigne.
Une réalité régionale bien encadrée
En région éloignée, comme sur la Côte-Nord, le processus repose d’abord sur l’identification des donneurs potentiels dans les hôpitaux. « Notre rôle se situe principalement à cette étape », explique Cyndie Brisson-Breton, conseillère-cadre aux programmes-services à la Direction médicale du CISSS de la Côte-Nord.
Une fois un cas repéré, les équipes communiquent avec Transplant Québec, qui prend le relais. « Ils accompagnent les équipes et coordonnent la suite », précise-t-elle.
Les prélèvements ne sont toutefois pas réalisés sur place. Les donneurs sont généralement transférés vers des centres spécialisés, notamment à Québec. « C’est plus de logistique, mais ça n’empêche pas le don », insiste M. Lavigne.
Même si les volumes demeurent faibles en région, l’impact est majeur. « Si on en identifie un seul, ça a une portée large pour plusieurs personnes », rappelle Mme Brisson-Breton.
Au 31 décembre, six personnes de la Côte-Nord étaient en attente d’une transplantation, un chiffre qui équivaut au nombre de transplantations réalisées pour des patients de la région en 2025. Les organes, eux, sont attribués à l’échelle provinciale, selon l’urgence et la compatibilité.
Clarifier notre décision
Selon Transplant Québec, neuf personnes sur dix se disent favorables au don d’organes. Pourtant, les volontés ne sont pas toujours connues au moment critique, et ce, même si la carte d’assurance maladie est signée pour le don d’organes.
« Quand les volontés sont claires, ça facilite énormément les choses », souligne Sylvain Lavigne. À défaut, la décision revient aux proches.
Parmi les défis identifiés, l’organisation souhaite simplifier l’accès au consentement, notamment par la création d’un registre unique, et poursuivre la formation du personnel pour éviter de « manquer » des donneurs potentiels.
Au-delà des chiffres, le don d’organes s’inscrit dans des moments de grande intensité humaine. « Ça permet souvent de mettre une petite lumière dans une situation très noire », observe Sylvain Lavigne.
D’ailleurs, des échanges anonymes entre familles de donneurs et receveurs sont aussi possibles. « Les gens expriment à quel point ça a changé leur vie », conclut-il.