Difficultés financières : le Comité ZIP suspend ses activités et met à pied ses employés
Le Comité ZIP de la rive nord de l’Estuaire est voué à la protection, à la restauration et à la mise en valeur du fleuve Saint-Laurent sur la Haute-Côte-Nord et dans la Manicouagan. Photo Facebook
Privé de ressources financières suffisantes, le Comité ZIP de la rive nord de l’Estuaire met ses opérations sur pause pour une durée indéterminée.
Actif depuis plus de 30 ans en protection et mise en valeur du fleuve Saint-Laurent, l’organisme annonce la suspension de ses activités à compter de la semaine du 27 avril. Il évoque une « fermeture économique », conséquence directe de difficultés financières devenues insurmontables au cours des dernières semaines.
« C’est une décision extrêmement difficile, mais inévitable dans le contexte actuel », affirme le président du Comité ZIP RNE, Philippe Boudreau. « Malgré les efforts du conseil d’administration et de l’équipe, la situation financière ne permet plus de maintenir les activités. »
Cette annonce entraîne des répercussions immédiates dans la région. Les sept employés ont été informés d’une mise à pied pour une durée indéterminée, tandis que l’avenir même de l’organisation apparaît désormais incertain.
Au fil des ans, le Comité ZIP RNE s’est imposé comme un incubateur de talents, offrant des expériences de travail à de nombreux jeunes professionnels, notamment issus du programme TACH du Cégep de Baie-Comeau.
Depuis sa création, près d’une centaine d’entre eux ont fait leurs premières armes au sein de l’organisme, avant de poursuivre leur carrière dans des institutions majeures comme Hydro-Québec, le réseau de l’éducation ou divers ministères provinciaux.
Au-delà de son rôle formateur, l’organisme occupait une place stratégique dans la concertation régionale en matière d’environnement. Il intervenait notamment dans la protection et la restauration des habitats côtiers, la lutte contre l’érosion des berges et la sensibilisation du public.
Sa fermeture survient à un moment charnière, alors qu’une Table de concertation régionale doit être mise en place dans le cadre du Plan Saint-Laurent. Le Comité ZIP RNE risque ainsi de perdre l’occasion de jouer un rôle central dans ce nouveau chantier.
La situation s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité pour les organismes environnementaux. L’enveloppe de financement de base du Comité ZIP n’a pas été indexée au fil des années et le retrait récent du soutien fédéral a accentué la pression financière.
Pourtant, des efforts avaient été déployés pour diversifier les revenus, notamment avec l’activité Plonge pour le Saint-Laurent, tenue le 18 avril au Parc Nature de Pointe-aux-Outardes, qui a permis de récolter plus de 4 000 $. Une somme jugée insuffisante pour assurer la survie de l’organisme.
Face à cette impasse, le Comité ZIP RNE lance un appel à la mobilisation. « Nous souhaitons informer nos partenaires en toute transparence et espérons qu’une mobilisation permettra d’assurer l’avenir de l’organisation. Toute forme de soutien sera la bienvenue », souligne Philippe Boudreau.
Organisme de concertation voué à la protection, à la restauration et à la mise en valeur du fleuve Saint-Laurent sur la Haute-Côte-Nord et dans la Manicouagan, le Comité ZIP RNE laisse derrière lui un héritage important, aujourd’hui menacé par un manque de ressources financières.
