Dans un contexte provincial marqué par une succession de féminicides, Baie-Comeau est confrontée à une situation alarmante. Sur le terrain, les ressources tiennent le cap, mais tirent aussi la sonnette d’alarme.
“Baie-Comeau s’impose comme la ville de la Côte-Nord la plus durement touchée par la violence conjugale sur la Côte-Nord. Au palais de justice, entre 60 et 70 % des audiences concernent ce type de dossiers” , expose la coordonatrice de la Maison des femmes, Hélène Millier.
Depuis la fin de la pandémie, un débordement des maisons d’hébergement partout au Québec est observé. « C’est triste, mais on a vu un grand nombre de féminicides pendant le confinement. Je pense que ça eu comme effet une vague de sensibilisation. Les femmes osent plus demander de l’aide. À Baie-Comeau, on a reçu deux chambres de plus depuis », explique Hélène Millier.
La Maison des femmes de Baie-Comeau redouble d’efforts tous les jours pour accomplir sa mission. « On est quand même chanceux ici, on n’est jamais obligées de laisser une femme en danger dans la rue », ajoute-t-elle.

La maison d’hébergement possède 12 chambres, mais 18 lits. « Si on a besoin, on peut héberger des femmes dans le sous-sol ou la salle de jeux. On ne déborde peut-être pas complètement, mais une chambre se vide le soir, et elle se remplit le lendemain.»
Le problème avec les lits qui ne sont pas dans des chambres c’est “qu’ils ne sont pas reconnus par le gouvernement en tant que chambres”. Cela signifie que la maison d’hébergement ne reçoit pas de subventions pour ces quatre places supplémentaires. “On a fait une demande pour que trois nouvelles places soient reconnues”, déclare Mme Millier.
Une bonne nouvelle ressort de tout ça : le contrôle coercitif est de plus en plus compris par les acteurs de la justice à Baie-Comeau. “Ça se ressent par les décisions des juges”.
“Le contrôle coercitif, c’est la même chose que la violence conjugale. Ça veut dire la même chose. C’est juste une façon de l’expliquer, pour en favoriser la compréhension. C’est l’ensemble des comportements contrôlants qui installent un climat de terreur dans un contexte de violence conjugale”, conclut la coordonnatrice.
Les organismes nord-côtiers soutenant les femmes ont pris l’initiative de se mobiliser devant le bureau du député Yves Montigny chaque lundi suivant un féminicide. Une roche avec le nom de la nouvelle victime est remise au député à qui on demande de l’apporter à l’Assemblée nationale.